Face à la multiplication des crises, l’ONU appelle à 400 millions de dollars pour sauver ses missions sur les droits humains (AP)
Face à la multiplication des crises, l’ONU appelle à 400 millions de dollars pour sauver ses missions sur les droits humains (AP)

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé jeudi un appel de fonds de 400 millions de dollars afin de répondre à la hausse des besoins en matière de protection des droits humains, dans un contexte marqué par la multiplication des crises et une forte baisse des financements des donateurs.

S’exprimant à Genève, Volker Türk a expliqué que son bureau fonctionnait désormais en « mode survie », après des réductions significatives de contributions, notamment de la part des États-Unis et de plusieurs pays européens. L’appel de fonds pour 2026 est inférieur de 100 millions de dollars à celui de l’an dernier, conséquence directe d’une contraction forcée des activités.

Selon le Haut-Commissaire, ces restrictions budgétaires ont déjà eu des effets concrets. En 2024, le bureau n’a pu mener moins de la moitié des missions de surveillance prévues et a réduit sa présence dans 17 pays. Un déficit de 90 millions de dollars l’an dernier a conduit à la suppression de 300 emplois, affectant directement la capacité opérationnelle de l’institution.

Pourtant, les besoins ne cessent d’augmenter. Le bureau de Volker Türk a récemment alerté sur de graves violations des droits humains dans plusieurs zones de conflit, notamment à Soudan, au Myanmar, à Ukraine, en République démocratique du Congo et à Gaza. Ces situations exigent, selon lui, une vigilance accrue et des ressources renforcées.

« Nous assurons nos missions sous une pression extrême », a déclaré le Haut-Commissaire devant les délégués, les exhortant à accroître leur soutien financier afin d’éviter un affaiblissement durable du système international de protection des droits humains. Il a souligné que sans ressources suffisantes, certaines violations risquent de ne plus être documentées ni dénoncées.

Cet appel intervient dans un contexte international tendu, où les priorités budgétaires des États sont de plus en plus sollicitées par les crises sécuritaires et économiques. Pour l’ONU, l’enjeu est désormais de convaincre les donateurs que la défense des droits humains reste un pilier indispensable de la stabilité mondiale.

Volker Türk a conclu en rappelant que le coût de l’inaction serait bien supérieur à celui du financement demandé, avertissant qu’un affaiblissement durable de son bureau compromettrait la capacité de la communauté internationale à prévenir les abus et à protéger les populations les plus vulnérables.

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