Le Pentagone a ordonné à environ 1 500 soldats en service actif de se tenir prêts à un éventuel déploiement dans le Minnesota, théâtre de vastes manifestations contre la campagne d’expulsions menée par le gouvernement américain. Selon des médias américains citant des responsables de la défense, ces unités ont été placées en alerte en cas d’escalade de la violence, sans qu’il soit encore établi si elles seront effectivement déployées.
D’après le Washington Post, cette mesure vise à permettre une réaction rapide si la situation se détériore. La Maison-Blanche a déclaré au journal qu’il est habituel que le Pentagone se prépare à toute décision que le président pourrait prendre, sans confirmer un déploiement imminent. Ni le Pentagone ni la présidence n’ont répondu dans l’immédiat aux sollicitations de Reuters.
Le président Donald Trump a menacé cette semaine d’invoquer la loi sur l’insurrection pour envoyer des forces militaires si les autorités locales ne parvenaient pas à empêcher les manifestants de s’en prendre aux agents de l’Immigration and Customs Enforcement (Immigration and Customs Enforcement), dont les effectifs ont récemment été renforcés.
Les soldats concernés appartiennent à deux bataillons d’infanterie de la 11e division aéroportée, basée en Alaska, et sont spécialisés dans les opérations en climat froid. Leur mise en alerte intervient dans un contexte de tensions croissantes à Minneapolis, après la mort de Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, abattue le 7 janvier par un agent de l’ICE alors qu’elle quittait son véhicule.
Depuis le début de la semaine dernière, l’administration Trump a également déployé près de 3 000 agents fédéraux de l’ICE et de la patrouille frontalière à Minneapolis et dans la ville voisine de Saint Paul, dans le cadre d’opérations ciblant principalement des villes dirigées par des élus démocrates. Le président affirme que ces déploiements sont nécessaires pour lutter contre la criminalité et protéger les biens et personnels fédéraux.
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a pour sa part mobilisé la Garde nationale de l’État afin de soutenir les forces de l’ordre locales et les services de gestion des urgences. Des responsables locaux accusent toutefois la Maison-Blanche d’exagérer des incidents isolés pour justifier l’envoi de troupes fédérales et dénoncent un abus de pouvoir.
La loi sur l’insurrection, texte fédéral ancien, permet au président de déployer l’armée ou de fédéraliser la Garde nationale pour réprimer des soulèvements intérieurs. Elle peut être invoquée en cas d’entrave à l’autorité fédérale ou de rébellion, donnant au chef de l’État des pouvoirs étendus pour faire respecter la loi sur le territoire américain.