Le chef du principal parti d’opposition en Turkey a affirmé que le procès visant le maire emprisonné d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, est une affaire « purement politique » destinée à l’empêcher de défier le président Recep Tayyip Erdoğan lors de futures élections.
Dans un entretien accordé à Reuters, Özgür Özel, dirigeant du Republican People’s Party (CHP), a accusé le pouvoir d’utiliser la justice pour neutraliser un rival politique majeur.
Ekrem İmamoğlu, 55 ans, a comparu lundi devant un tribunal lors de l’audience d’ouverture d’une vaste affaire de corruption impliquant plus de 400 accusés liés à la municipalité d’Istanbul.
Les procureurs l’accusent d’avoir dirigé une organisation criminelle à des fins lucratives à travers des manipulations d’appels d’offres publics et des faits de corruption. Le maire d’Istanbul et son parti rejettent fermement ces accusations.
Selon Özgür Özel, la procédure judiciaire n’aurait pas pour objectif de rendre un verdict impartial. « En Turquie, ce qui se passe n’est pas un procès au sens habituel du terme. Il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire, mais d’une procédure politique », a-t-il déclaré.
Plusieurs sondages suggèrent qu’Ekrem İmamoğlu pourrait représenter un adversaire sérieux pour Recep Tayyip Erdoğan lors d’un futur scrutin présidentiel, ce qui alimente les tensions politiques autour de cette affaire.