En Tunisie, le magnat Marouan Mabrouk condamné pour corruption, un ancien Premier ministre également visé
En Tunisie, le magnat Marouan Mabrouk condamné pour corruption, un ancien Premier ministre également visé

Un tribunal tunisien a condamné mardi l’homme d’affaires Marouan Mabrouk, considéré comme l’un des plus riches du pays, à une peine de prison pour corruption. Dans la même affaire, un ancien Premier ministre et plusieurs anciens membres du gouvernement ont également été condamnés pour leur rôle dans la gestion du dossier.

Marouan Mabrouk, gendre de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali renversé lors de la révolution de 2011, est détenu depuis la fin de l’année 2023. Il a été reconnu coupable notamment de blanchiment d’argent, de détournement de fonds appartenant à des entreprises publiques et d’obtention d’avantages illégaux auprès du gouvernement.

L’ancien Premier ministre Youssef Chahed, qui a dirigé le gouvernement tunisien entre 2016 et 2020, a été condamné par contumace à six ans de prison et à une amende de 800 millions de dollars. Actuellement aux États-Unis, il a rejeté les accusations, affirmant qu’elles étaient motivées par des considérations politiques.

Dans cette affaire, plusieurs anciens membres du gouvernement de Chahed ont également été condamnés à la même peine, notamment d’anciens ministres des Affaires étrangères, des Finances, des Droits de l’homme ainsi que des Technologies de l’information et de la communication.

Le tribunal leur reproche notamment d’avoir levé le gel des avoirs imposé à Marouan Mabrouk, une décision qui aurait permis à l’homme d’affaires de conserver le contrôle de ses activités.

Issu d’une famille influente active dans de nombreux secteurs commerce, banque, télécommunications ou distribution automobile Mabrouk détient notamment des participations dans la BIAT, l’opérateur Orange ainsi que dans une importante chaîne de supermarchés.

Il est l’un des rares proches de l’ancien régime de Ben Ali à être resté en Tunisie après la révolution de 2011. Malgré les critiques visant son influence, il avait continué à bénéficier d’une certaine protection de la part de plusieurs gouvernements successifs avant l’ouverture de cette procédure judiciaire.

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