Deux pétroliers vénézuéliens saisis par Washington réapparaissent près de Porto Rico après plusieurs semaines d’incertitude
Deux pétroliers vénézuéliens saisis par Washington réapparaissent près de Porto Rico après plusieurs semaines d’incertitude

Deux pétroliers liés aux exportations de pétrole vénézuélien, saisis récemment par les États-Unis, ont été repérés mercredi au large de Porto Rico après avoir disparu des radars pendant plusieurs jours. Il s’agit du superpétrolier M Sophia et du tanker plus petit Galileo, selon un témoin de Reuters et des données du site de suivi maritime Tankertrackers.com, offrant les premiers indices sur leur localisation depuis leur arraisonnement.

Le M Sophia avait été saisi le 7 janvier alors qu’il transportait du pétrole vénézuélien, tandis que le Galileo, anciennement nommé Veronica, avait été intercepté la semaine suivante alors qu’il naviguait à vide, bien qu’il ait précédemment acheminé du brut en provenance du Venezuela. Les deux navires sont désormais ancrés près de Ponce.

Ces deux pétroliers font partie d’un groupe de sept navires capturés ces dernières semaines par l’armée et les garde-côtes américains dans le cadre de la campagne de Washington contre les exportations pétrolières vénézuéliennes, principalement en mer des Caraïbes. Les autorités américaines n’ont pas communiqué sur leur destination finale ni sur le sort qui leur sera réservé, les garde-côtes renvoyant les demandes d’information vers la Maison-Blanche, restée silencieuse.

L’absence de signalement de position par les balises de géolocalisation des navires avait rendu leur localisation incertaine jusqu’à cette confirmation. Selon des données maritimes, les pétroliers pourraient rester à Porto Rico ou être transférés vers un autre port américain, tandis que les cinq autres navires saisis se trouvent près des côtes du golfe du Mexique, dans les eaux vénézuéliennes ou encore au large de l’Écosse.

Cette série d’interceptions s’inscrit dans la politique du président américain Donald Trump, qui affirme que l’intervention des États-Unis, incluant la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier, vise à mettre fin au trafic de drogue. Washington entend également restructurer le secteur pétrolier vénézuélien en y faisant intervenir de grandes compagnies américaines.

Le blocus imposé par les États-Unis a presque paralysé les exportations de pétrole du Venezuela en décembre, avant une reprise partielle en janvier sous supervision américaine. Toutefois, des millions de barils restent stockés à terre ou sur des plateformes flottantes, tandis que Washington a demandé des mandats judiciaires pour saisir des dizaines d’autres pétroliers soupçonnés d’être impliqués dans ce commerce.

Des experts du secteur maritime mettent en garde contre les risques sécuritaires et environnementaux posés par ces navires, souvent âgés de plus de vingt ans et dépourvus de certification ou d’assurance adéquates. En cas d’accident ou de pollution, l’absence de garanties complique fortement l’établissement des responsabilités, alors que les procédures judiciaires de confiscation pourraient s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années.

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