Au moins 60 personnes sont portées disparues en mer Méditerranée à la suite de deux naufrages survenus ces derniers jours au large des côtes libyennes, a déclaré mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nouveau drame illustre une fois de plus les risques extrêmes auxquels sont confrontés les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique du Nord.
Les deux embarcations de fortune ont chaviré dans des circonstances encore mal définies, mais les témoignages recueillis par les équipes de l’OIM suggèrent des conditions de navigation précaires, typiques des traversées orchestrées par des réseaux de passeurs opérant depuis les côtes libyennes. Les bateaux surchargés et mal équipés sont souvent voués à l’échec dès les premières heures en mer.
Parmi les disparus figurent des femmes et des enfants, selon les premiers éléments de l’OIM. Des survivants ont été secourus par les garde-côtes libyens ou par des pêcheurs locaux et transférés vers des centres d’accueil sur le littoral. Certains sont dans un état de santé critique, souffrant d’hypothermie, de déshydratation ou de traumatismes psychologiques sévères.
La Libye reste l’un des principaux points de départ des migrants en quête d’une vie meilleure en Europe, malgré l’insécurité persistante et l’absence de véritable État de droit. Les conditions de détention et de transit dans le pays sont régulièrement dénoncées par les ONG et les agences internationales, qui soulignent les abus, violences et exploitations auxquels sont exposés les migrants.
L’OIM a réitéré son appel à une réponse coordonnée et urgente des pays méditerranéens pour renforcer les opérations de recherche et de sauvetage, mais aussi pour mettre en place des voies de migration sûres et légales. Depuis le début de l’année, plusieurs centaines de personnes ont déjà perdu la vie ou disparu en tentant la traversée, faisant de la Méditerranée centrale l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde.
Ce nouveau drame met en lumière l’impasse humanitaire et politique qui entoure la question migratoire dans la région, et rappelle l’urgence d’une action concertée pour prévenir de nouvelles tragédies en mer.