«Des niveaux de destruction environnementale sans précédent» en raison de la guerre israélienne contre Gaza
«Des niveaux de destruction environnementale sans précédent» en raison de la guerre israélienne contre Gaza

La guerre israélienne à Gaza a eu des conséquences dramatiques. Des dizaines de milliers de civils palestiniens ont perdu la vie, et des milliers d’autres sont portés disparus. Bien que la trêve temporaire ait facilité l’acheminement de l’aide humanitaire et soulagé les souffrances liées aux maladies et à la faim, les experts prévoient que la malnutrition et les problèmes de santé persisteront pendant des mois, voire des années.

Impact humain et environnemental
Les infrastructures de la région, comme les écoles, hôpitaux et habitations, ont été partiellement ou totalement détruites. Cependant, à côté de la lourde perte humaine, un autre aspect rarement évoqué mais tout aussi catastrophique est la dégradation de l’environnement. En juin 2024, une évaluation menée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement a révélé des destructions sans précédent dues aux frappes israéliennes, avec un effondrement total des systèmes d’eau, de gestion des déchets et une pollution généralisée des sols, de l’eau et de l’air. Cette situation a été aggravée par six mois supplémentaires de bombardements.

Conséquences pour la société
Lesley Joseph, chercheuse en justice environnementale, a souligné que la pénurie d’eau potable, l’accès limité aux installations sanitaires et l’absence d’infrastructures affectent particulièrement les populations vulnérables. Le cessez-le-feu a apporté un répit temporaire aux 2,2 millions de Gazaouis qui souffrent depuis plus d’un an. Il permet également d’évaluer les dommages dans des secteurs clés comme l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la qualité de l’air et la gestion des déchets.

Secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène
Une première évaluation des dégâts a estimé à 502,7 millions de dollars les dommages au secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène à Gaza, avec environ 57 % des infrastructures hydrauliques endommagées. Les stations de dessalement et les puits d’eau ont subi des destructions sévères, ce qui a réduit la quantité d’eau disponible à seulement 2 à 8 litres par personne par jour, bien en dessous des recommandations minimales de l’OMS.

Rareté de l’eau
En novembre 2024, Oxfam a rapporté que toutes les stations de traitement des eaux usées à Gaza avaient dû fermer, entraînant un déversement continu d’eaux usées non traitées dans l’environnement.

Installations sanitaires
Depuis juin 2024, environ 15,8 millions de gallons d’eaux usées ont été déversés dans la région, et les installations sanitaires sont quasiment inexistantes. Les habitants doivent marcher de longues distances pour accéder aux rares toilettes disponibles.

Qualité de l’air
La guerre a fortement détérioré la qualité de l’air à Gaza, en raison des incendies, de la combustion de plastique et de déchets domestiques et des explosions. En février 2024, l’ONU estimait que plus de 25 000 tonnes d’explosifs avaient été utilisées, entraînant une pollution considérable.

Gestion des déchets et débris
Plus de 39 millions de tonnes de débris ont été produites, dont une grande partie est polluée par des substances dangereuses comme l’amiante et des restes humains. Les sites d’enfouissement des déchets sont saturés, et cinq des six installations de gestion des déchets ont été gravement endommagées.

Accusation de « génocide écologique »
Certains groupes de défense des droits humains ont accusé Israël de génocide écologique en raison des destructions environnementales. Bien que cela ne fasse pas encore partie du droit international, cette notion est en discussion pour être reconnue comme un crime. Plusieurs organisations estiment que la situation à Gaza correspond à cette définition.

Conséquences sanitaires dues à la dégradation environnementale
Quel que soit le statut juridique de l’accusation de génocide écologique, les conséquences environnementales auront des effets sanitaires dévastateurs pendant de nombreuses années, avec une augmentation des infections et des maladies respiratoires aiguës, particulièrement parmi les populations les plus vulnérables.

Étapes à suivre
Le processus de reconstruction de Gaza nécessitera une coopération internationale pour restaurer les infrastructures essentielles et répondre aux besoins des populations locales. Il est crucial que cette reconstruction prenne en compte les priorités et perspectives des Palestiniens pour être durable.

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