Des familles immigrées manifestent devant un centre de rétention au Texas après la détention d’un enfant de 5 ans et de son père
Des familles immigrées manifestent devant un centre de rétention au Texas après la détention d’un enfant de 5 ans et de son père

Des dizaines de familles immigrées ont manifesté samedi derrière les grillages d’un centre de rétention du Texas où sont détenus un enfant équatorien de cinq ans et son père, transférés cette semaine depuis le Minnesota après leur arrestation par les autorités fédérales américaines.

Selon des images aériennes de l’Associated Press, des parents et des enfants rassemblés devant le South Texas Family Residential Center, situé à Dilley, portaient des pancartes appelant à la « liberté pour les enfants » et scandaient des slogans tels que « Libertad ! ». La mobilisation s’est tenue à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte, dans un contexte de vives tensions autour de la politique migratoire américaine.

L’enfant, Liam Conejo Ramos, et son père, Adrian Alexander Conejo Arias, ont été arrêtés mardi dans le Minnesota, un épisode devenu emblématique des divisions croissantes aux États-Unis sur l’immigration sous l’administration de Donald Trump. Les versions divergent entre responsables gouvernementaux, voisins et avocats de la famille quant à la possibilité qui aurait été laissée aux parents de confier l’enfant à un proche avant leur transfert.

Maria Alejandra Montoya Sanchez, 31 ans, elle-même détenue dans le centre avec sa fille de neuf ans depuis octobre, a déclaré que la manifestation avait été organisée par les familles retenues sur place, épuisées par la durée de leur détention et par des conditions qu’elles jugent dégradantes. Elle évoque notamment des problèmes sanitaires récurrents, une alimentation insuffisante et un accès limité aux soins médicaux. « Nous sommes des immigrés avec des enfants, pas des criminels. Nous demandons à être traités avec dignité et conformément à la loi », a-t-elle affirmé.

Un avocat spécialisé en immigration présent sur les lieux, Eric Lee, a indiqué que les gardiens avaient interrompu les visites d’avocats au moment de la manifestation. Il a salué le courage des familles, estimant que le fait de protester malgré la crainte de représailles illustre la gravité de la situation dans le centre. Selon lui, des clients lui ont confirmé que la mobilisation était directement liée au cas du jeune Liam.

Un porte-parole du Department of Homeland Security n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations. D’après un rapport déposé en décembre par l’Immigration and Customs Enforcement dans le cadre d’une procédure judiciaire fédérale en cours, des centaines d’enfants auraient été maintenus dans ce centre au-delà des limites prévues par les décisions de justice, alimentant les critiques des associations de défense des droits humains.

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