Trois hauts responsables de l’Église catholique aux États-Unis ont publiquement exprimé leurs inquiétudes quant à l’orientation prise par la politique étrangère américaine, estimant que le rôle moral du pays sur la scène internationale est aujourd’hui fragilisé. Dans une déclaration commune rare, ils affirment que l’usage de la force militaire ne devrait intervenir qu’en ultime recours, dans des situations extrêmes.
Les cardinaux Blase Cupich, Robert McElroy et Joseph Tobin estiment que l’année 2026 marque l’un des débats les plus profonds depuis la fin de la guerre froide sur le fondement moral des actions des États-Unis à l’étranger. Selon eux, la légitimité morale de certaines décisions est de plus en plus contestée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Sans citer nommément le président Donald Trump, les cardinaux évoquent plusieurs dossiers récents qui, selon eux, soulèvent des interrogations fondamentales sur la paix et le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils mentionnent notamment la situation au Venezuela, la guerre en Ukraine et les tensions internationales autour du Groenland, qu’ils considèrent comme révélatrices d’une approche de plus en plus coercitive.
Les prélats appellent à une politique étrangère qu’ils qualifient de « véritablement morale », fondée sur la diplomatie, la prévention des conflits et le respect de la dignité humaine. Ils estiment que la guerre ne doit pas devenir un instrument ordinaire de défense d’intérêts nationaux, mais rester une option exceptionnelle lorsque toutes les autres voies ont échoué.
Cette prise de position s’inscrit dans une réflexion plus large menée au sein de l’Église catholique sur la responsabilité morale des grandes puissances. Elle fait écho aux appels répétés du Vatican à limiter l’escalade militaire et à privilégier des solutions politiques et humanitaires face aux crises internationales.
La Maison-Blanche n’a pas réagi dans l’immédiat à cette déclaration, qui intervient toutefois dans un contexte de débats croissants aux États-Unis sur la place du pays dans le monde et sur les limites de l’usage de la force dans un environnement géopolitique de plus en plus instable.