Le président cubain Miguel Díaz-Canel a annoncé jeudi que son gouvernement présenterait la semaine prochaine un plan de rationnement pour faire face à de graves pénuries de carburant, alors que les États-Unis s’apprêtent à bloquer davantage l’approvisionnement énergétique de l’île. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues entre La Havane et Washington.
La situation s’est détériorée ces dernières semaines après l’annonce par les États-Unis de droits de douane visant les pays exportant du pétrole vers Cuba. Ces mesures ont contribué à une hausse des prix des transports et des denrées alimentaires, tout en aggravant les pénuries de carburant et les coupures d’électricité, parfois durant plusieurs heures, y compris dans la capitale.
Lors d’une conférence de presse télévisée, Miguel Díaz-Canel a dénoncé l’impact du blocus américain sur l’ensemble de l’économie cubaine, citant les transports publics, les hôpitaux, les écoles, le tourisme et l’agriculture. Il a reconnu que l’absence de carburant posait des défis majeurs pour assurer les services essentiels et maintenir l’activité du pays.
Le président a précisé que les mesures envisagées seraient temporaires mais contraignantes. Elles impliqueront une adaptation de la consommation, des efforts d’économie d’énergie et la suspension ou le report de certaines activités afin de préserver le fonctionnement des secteurs jugés prioritaires. Le gouvernement n’a pas encore détaillé les modalités concrètes du rationnement.
Parallèlement, les autorités cubaines entendent accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire, et renforcer l’extraction pétrolière nationale afin de réduire la dépendance aux importations. Ces projets, déjà engagés, nécessitent toutefois du temps et des investissements importants pour produire des effets significatifs.
Miguel Díaz-Canel a également réaffirmé que Cuba restait ouverte au dialogue avec les États-Unis, à condition que celui-ci se fasse sans ingérence dans les affaires intérieures du pays. En attendant, la population se prépare à une période de restrictions accrues, sur fond d’incertitudes économiques et énergétiques persistantes.