L’accident tragique d’un avion de ligne survenu en juillet 2024 au Népal, qui a coûté la vie à 18 personnes, résulte d’une erreur critique dans la documentation de vol concernant la vitesse de décollage, a conclu un rapport publié vendredi par une commission d’enquête gouvernementale. Le rapport met en cause des lacunes graves dans les procédures opérationnelles de la compagnie aérienne Saurya Airlines, exploitante de l’appareil.
Le vol impliqué, un CRJ-200LR, s’était écrasé peu après son décollage de l’aéroport international de Tribhuvan à Katmandou, tuant les 17 passagers à bord ainsi que le copilote. Seul le commandant de bord avait survécu. L’enquête a révélé que l’accident avait été provoqué par un « décrochage profond au décollage », lié à une commande de tangage trop rapide alors que l’avion n’avait pas encore atteint sa vitesse optimale de rotation.
Selon le rapport, l’erreur trouve son origine dans une carte de vitesse erronée — un document technique crucial indiquant les vitesses appropriées pour les différentes phases du vol. Ces informations inexactes n’ont pas été détectées, et la compagnie n’avait pas pris en compte des incidents similaires survenus auparavant impliquant des taux de tangage excessifs. « L’avion a décollé avant d’avoir atteint la vitesse nécessaire », a précisé l’expert en aviation Nagendra Prasad Ghimire à Reuters.
L’enquête a également mis en lumière une négligence manifeste dans la gestion du fret et des bagages, citant une « non-conformité systémique » dans les procédures de Saurya Airlines. Le comité d’enquête recommande désormais à toutes les compagnies opérant au Népal de revoir d’urgence leurs fiches de vitesse et de renforcer leurs protocoles de manutention.
Le rapport appelle par ailleurs l’Autorité de l’aviation civile du Népal (CAAN) à réviser ses procédures d’autorisation pour les vols non réguliers, accusant implicitement le régulateur d’avoir failli à son rôle de contrôle. Contacté par Reuters, le porte-parole de la CAAN, Babu Ram Paudel, s’est refusé à tout commentaire, affirmant ne pas avoir encore consulté le rapport officiel.
De son côté, Saurya Airlines a assuré qu’elle mettrait en œuvre « toutes les recommandations nécessaires ». Mais l’incident relance les inquiétudes sur la sécurité aérienne au Népal, pays enclavé et montagneux où l’aviation reste un mode de transport vital. Le pays affiche un bilan préoccupant en la matière, souvent critiqué par les organismes internationaux. En 2013, l’Union européenne avait d’ailleurs interdit à toutes les compagnies népalaises de voler dans son espace aérien, une interdiction toujours en vigueur à ce jour.
Ce nouveau rapport devrait accentuer la pression sur les autorités népalaises pour engager des réformes profondes de leur régulation aérienne, alors que la sécurité des passagers demeure plus que jamais en question.