Les autorités sud-coréennes ont révélé dimanche de nouveaux éléments troublants dans l’enquête sur le crash du vol Jeju Air survenu en décembre dernier à l’aéroport de Muan, soulignant que l’un des moteurs de l’appareil était encore en état de fonctionner au moment de l’atterrissage d’urgence. Cette révélation soulève des questions sur les décisions prises par l’équipage durant les dernières minutes du vol.
Selon la mise à jour rendue publique par les enquêteurs, les pilotes ont volontairement coupé le moteur gauche, pourtant moins endommagé que le droit, qui disposait encore de suffisamment de puissance pour maintenir le vol. Ce choix s’est avéré critique, puisque l’avion, un Boeing 737-800, a fini par atterrir sans train d’atterrissage, a dépassé la piste, puis a pris feu après avoir percuté un talus. Sur les 181 personnes à bord, seules deux ont survécu.
Le drame avait été déclenché par une collision avec un oiseau, entraînant une série d’avaries techniques. Les enquêteurs s’efforcent depuis de reconstituer avec précision les événements ayant mené à cette issue tragique. Le moteur droit, pourtant affecté, aurait pu assurer la propulsion de l’appareil selon les premières conclusions.
La décision de couper le moteur gauche, que les experts jugent aujourd’hui moins endommagé, interpelle les autorités de l’aviation civile et pose des questions sur la formation des pilotes et les procédures d’urgence appliquées dans ce type de situation critique.
Le rapport final de l’enquête, supervisée par les autorités sud-coréennes de sécurité aérienne, est attendu pour juin 2026. D’ici là, des analyses supplémentaires seront menées sur les boîtes noires, les communications de l’équipage et les systèmes mécaniques de l’avion.
L’accident de Muan est d’ores et déjà considéré comme l’un des plus graves de l’histoire récente de l’aviation sud-coréenne et pourrait avoir de lourdes conséquences pour Jeju Air, tant sur le plan réglementaire que commercial.