Alors qu’un Boeing 787 Dreamliner d’Air India s’est écrasé ce jeudi en Inde, le cri d’alerte d’un ancien ingénieur Boeing refait surface et fait froid dans le dos. Retour en arrière…
En mars 2024, John Barnett, ancien ingénieur qualité chez Boeing et lanceur d’alerte reconnu, est retrouvé mort d’un suicide présumé dans sa voiture à Charleston, Caroline du Sud. À l’époque, il est au cœur d’une procédure judiciaire contre Boeing, dénonçant de graves défauts de fabrication sur les avions Boeing 787 Dreamliner.
Aujourd’hui, plus d’un an plus tard, un 787 d’Air India s’est écrasé peu après son décollage, tuant les 242 personnes à bord. Une tragédie qui intrigue, tant elle semble confirmer les avertissements lancés par John Barnett.
Qui était John Barnett et que dénonçait-il ?
John Barnett a travaillé pendant plus de 30 ans chez Boeing, notamment sur le site de Charleston, où sont produits les 787 Dreamliner. En 2017, il alerte la direction et les médias sur des anomalies critiques dans la fabrication de ces avions long-courriers.
Ses principales mises en garde : des copeaux métalliques retrouvés près de câblages critiques qui pourraient, selon lui, provoquer des court-circuits ou la perte de contrôle de l’appareil, des systèmes d’oxygène défectueux dans 25% des cas, risquant de ne pas fonctionner en cas de dépressurisation, ou encore une culture de production où la pression sur les délais primait sur la sécurité.
« Ces copeaux métalliques pourraient avoir des conséquences catastrophiques… » avait déclaré John Barnett en 2017 sur la BBC.
Suite à ses dénonciations, il aurait été harcelé, rétrogradé, puis licencié. Il avait entamé une action légale contre Boeing, affirmant être victime de représailles pour avoir tiré la sonnette d’alarme.
Un suicide très étrange
Le 9 mars 2024, John Barnett est retrouvé mort, d’une balle dans la tête, sur un parking d’hôtel, alors qu’il devait poursuivre son témoignage contre Boeing. L’enquête conclut rapidement à un suicide, mais sa famille reste persuadée que des pressions auraient pu conduire à cette issue dramatique. Boeing a par la suite conclu un accord à l’amiable avec ses proches en mai 2025, mettant fin à la plainte déposée pour harcèlement et négligence.
Juin 2025 : un Boeing 787 s’écrase après le décollage
Ce jeudi, un Boeing 787 d’Air India s’est écrasé juste le décollage. L’appareil a perdu le contact radio moins d’une minute après le décollage. Il a chuté à environ 190 mètres d’altitude, s’écrasant dans un quartier résidentiel de Meghani Nagar, provoquant un incendie massif.
Des données radar et vidéo montrent une perte brutale d’altitude, typique d’une panne majeure ou d’une perte de contrôle.
Les autorités ont confirmé que les boîtes noires ont été retrouvées. Une enquête conjointe entre la DGCA, Boeing, Air India et les constructeurs de moteurs GE Aerospace est en cours. À ce jour, aucune piste officielle n’a encore été avancée, mais les similitudes avec les avertissements de Barnett relancent les soupçons sur la qualité de fabrication du Dreamliner.
Y a-t-il un lien entre les alertes de Barnett et le crash ?
Les éléments pointés par John Barnett (défauts dans le câblage, composants mal installés, système oxygène déficient) pourraient être compatibles avec une perte de contrôle rapide et totale, comme celle observée sur le vol AI171. Si l’enquête technique le confirme, cela constituerait un événement d’une gravité extrême pour Boeing, même si la prudence reste de rigueur jusqu’aux conclusions de l’enquête.
L’action de Boeing a chuté de 8% à l’ouverture des marchés après le crash. Le titre de GE Aerospace, fournisseur des moteurs GEnx du 787, a lui aussi perdu 4%. Boeing pourrait faire face à une vague d’inspections mondiales de la flotte 787.
Les compagnies opérant des Dreamliners (Air France, British Airways, Qatar Airways, etc.) attendent quant à elle les conclusions de l’enquête…