Coup de théâtre en Arménie : un archevêque arrêté pour tentative de coup d’État
Coup de théâtre en Arménie : un archevêque arrêté pour tentative de coup d’État

Les autorités arméniennes ont procédé mercredi à l’arrestation de l’archevêque Bagrat Galstanyan, figure éminente de l’Église apostolique arménienne, soupçonné d’avoir orchestré une tentative de renversement du gouvernement. Cette interpellation spectaculaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le pouvoir politique et l’institution religieuse, sur fond de crise politique prolongée dans le pays.

L’archevêque Galstanyan est accusé d’avoir fomenté un complot visant à déstabiliser l’État et à prendre le pouvoir de manière illégale. Selon les services de sécurité nationale, il aurait coordonné des actions avec plusieurs complices pour provoquer une insurrection contre le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian. Quatorze autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de la même enquête, ont indiqué les autorités arméniennes.

La scène de l’arrestation s’est déroulée à Erevan, la capitale, devant une foule de partisans rassemblés pour soutenir le prélat. Des images diffusées montrent l’archevêque saluant la foule alors que des agents de sécurité en civil l’escortaient hors du lieu. L’Église apostolique arménienne, profondément enracinée dans la culture nationale, n’a pas encore commenté officiellement l’arrestation de l’un de ses plus hauts représentants.

Cette affaire illustre l’aggravation des tensions entre le Premier ministre Pachinian et une partie de la hiérarchie ecclésiastique, qui lui reproche une série de concessions faites à l’Azerbaïdjan après la guerre du Haut-Karabakh. L’archevêque Galstanyan avait notamment soutenu les manifestations antigouvernementales de ces derniers mois, devenant un symbole de l’opposition à la politique actuelle du gouvernement.

Les avocats de Galstanyan ont dénoncé une tentative de museler l’opposition religieuse et politique, affirmant que les accusations sont sans fondement et motivées par des considérations politiques. Plusieurs défenseurs des droits de l’homme et membres de l’opposition ont également critiqué l’arrestation, la qualifiant de mesure autoritaire.

Alors que l’enquête suit son cours, cette arrestation soulève des inquiétudes quant à la stabilité politique du pays et à l’indépendance des institutions. Elle pourrait également raviver les divisions profondes au sein de la société arménienne, entre partisans du gouvernement et ceux qui s’inquiètent de son orientation politique et diplomatique.

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