Comment le Hamas a transformé des enfants en terroristes grâce à une émission télé mettant en scène une souris jihadiste et un lapin assoiffé de sang
Comment le Hamas a transformé des enfants en terroristes grâce à une émission télé mettant en scène une souris jihadiste et un lapin assoiffé de sang

C’est l’une des techniques du Hamas pour endoctriner les enfants de Gaza : utiliser Farfour, une peluche anthropomorphe, copie de Mickey Mouse, qui hurle dans une émission de télé : « Tue ! Tue ! Tue ! ».

Farfour, déguisement de souris imitant le personnage de Disney, co-animait Les Pionniers de Demain, un programme télévisé pour enfants diffusé sur la chaîne Al-Aqsa TV, liée au Hamas, d’avril 2007 à octobre 2009.

Cette émission, présentée comme éducative et censée transmettre des valeurs islamiques aux écoliers, reprenait le format coloré et chantant de programmes pour enfants. En réalité, elle véhiculait un discours violent glorifiant la haine des Juifs et le martyre.

Un show qui a endoctriné les terroristes du 7 octobre

Les garçons qui ont grandi devant ce programme sont aujourd’hui des adultes en âge de combattre, y compris parmi ceux qui ont participé au massacre du 7 octobre, au cours duquel près de 1 200 Israéliens ont été tués et 251 otages enlevés.

Dans l’émission, Farfour promettait aux enfants qu’ils assisteraient un jour à la domination mondiale de l’islam et à la libération de Jérusalem des « meurtriers ». Il mimait le lancer de grenades et l’usage d’un fusil d’assaut AK-47.

Comme le rapporte le New York Post, Mia Bloom, professeure en communication et études du Moyen-Orient à l’Université d’État de Géorgie, a étudié Les Pionniers de Demain dans le cadre de ses recherches sur les méthodes de recrutement terroriste : « C’est un flux constant de propagande choquante dont il est presque impossible de s’extraire pour un enfant. Ils grandissent persuadés que tous les Israéliens doivent être éliminés, car tous sont considérés comme mauvais », explique-t-elle.

« Si je veux influencer des enfants, je ne vais pas envoyer un vieil homme de 75 ans, mais un jeune perçu comme “cool” »

La co-animatrice, Saraa Barhoum, avait environ dix ans lors du lancement du programme. Fille d’une professeure d’université et d’un porte-parole du Hamas, elle déclarait en 2007 vouloir devenir médecin ou martyre. Elle lança aussi une carrière musicale, chantant des paroles comme : « Hisse ta voile pour les marins, et que ton phare éclaire la mer de sang. »

Selon Mia Bloom, les recruteurs utilisent souvent la technique du « pair déviant » : « Si je veux influencer des enfants, je ne vais pas envoyer un vieil homme de 75 ans, mais un jeune perçu comme “cool” et un peu plus âgé qu’eux. Malheureusement, c’est fréquent dans les cas d’abus sur mineurs. »

Disney, pourtant vigilant sur les atteintes à ses droits d’auteur, connaissait la ressemblance entre Farfour et Mickey Mouse mais resta silencieux. La question fut rapidement close : à la fin de la première saison, Farfour est tué à l’écran. Dans cette scène, des soldats israéliens l’interrogent, puis le battent à mort car il refuse de livrer des documents.

Pour Mia Bloom, le Hamas justifiait cette approche en expliquant que les enfants vivaient déjà dans un environnement traumatisant : pertes familiales, destructions de maisons… L’émission permettait, selon elle, de canaliser et orienter ce traumatisme au service de leur idéologie, plutôt que de laisser une détresse diffuse s’installer.

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Assoud le lapin

« Nous libérerons Al-Aqsa de la souillure des Juifs criminels »

Après la mort de Farfour, un autre personnage apparut : Nahoul, un bourdon à la voix aiguë et au discours tout aussi radical. Il promettait aux enfants : « Nous libérerons Al-Aqsa de la souillure des Juifs criminels » et « nous vengerons les ennemis de Dieu, les meurtriers des prophètes ».

Dans la deuxième saison, Nahoul tombe gravement malade. Israël lui refuse un permis pour se rendre en Égypte et recevoir des soins ; il meurt. Son remplaçant est Assoud, un lapin inspiré de Bugs Bunny, qui annonce à l’antenne : « Un lapin est le terme désignant une personne mauvaise et lâche. Et moi, Assoud, je finirai les Juifs et je les mangerai. »

Dans un épisode, Assoud est tenté par Satan de voler de l’argent à son père. Il est condamné à avoir la main coupée « comme l’a ordonné le prophète Mohammed ». Plus tard, il est tué dans une frappe israélienne et remplacé par un ours.

Certaines séquences invitaient de jeunes téléspectateurs à venir exprimer leur désir de mourir en martyrs, avant de chanter collectivement à ce sujet.

Pour Mia Bloom, il s’agissait d’« une exposition délibérée et répétée à un traumatisme », non seulement assimilable à de la maltraitance, mais aussi à une manipulation psychologique destinée à long terme. Elle établit un lien direct entre cette stratégie et les événements du 7 octobre.

Les combattants du Hamas impliqués dans cette attaque étaient estimés à environ 3 000. La tranche d’âge des hommes en capacité de combattre, entre 16 et 35 ans, correspond à celle de ceux qui ont grandi avec Les Pionniers de Demain.

Un lavage de cerveaux permanent des futurs combattants du Hamas

Mia Bloom souligne que ce lavage de cerveau ne se limitait pas à l’émission : les manuels scolaires palestiniens décrivaient aussi les Juifs comme des singes, des porcs ou d’autres animaux impurs. Une analyse de 2008 a relevé un passage les comparant à des « serpents envahisseurs ». Dans un magazine palestinien de la fin des années 1990, un article affirmait même que les Juifs étaient « les véritables fils des singes » et que, par honte, « le singe juif Darwin » avait inventé la théorie de l’évolution.

D’après Mia Bloom, qui a étudié le génocide, l’extrémisme et l’enrôlement d’enfants soldats dans le monde, cette approche rappelle les méthodes des talibans et de l’État islamique, qui organisaient des exécutions publiques et y contraignaient la présence des enfants : « Ce n’est pas exactement la même chose, car la mort de Farfour était fictive. Mais le principe est d’habituer les enfants à un niveau extrême de violence, ce qui les prépare à justifier et choisir cette violence plutôt que d’autres options. »

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