Chicago dans l’attente tendue d’une intervention fédérale annoncée par Trump(AP Photo/Carolyn Kaster)
Chicago dans l’attente tendue d’une intervention fédérale annoncée par Trump(AP Photo/Carolyn Kaster)

À Chicago, l’inquiétude monte à mesure que l’administration Trump prépare une vaste opération fédérale visant la criminalité et l’immigration dans les grandes villes sanctuaires. Dans les églises, les pasteurs appellent leurs fidèles au calme mais aussi à la vigilance, craignant une vague d’arrestations et même un déploiement de la Garde nationale.

Le révérend Marshall Hatch, figure respectée de l’église New Mount Pilgrim Missionary Baptist Church, a exhorté ses paroissiens à toujours avoir leurs papiers d’identité sur eux et à informer leurs proches de leurs déplacements. « Nous n’allons pas céder à la peur, nous n’allons pas renoncer face à l’autoritarisme », a-t-il martelé. L’annonce d’une possible intervention militaire suscite de vives réactions dans les communautés noires et latino, déjà marquées par une méfiance profonde envers les forces de l’ordre.

Des églises en première ligne face à l’incertitude

Le flou demeure total sur l’ampleur et la date du déploiement. Tom Homan, le « tsar des frontières » de Trump, a confirmé que l’opération visera Chicago dans la semaine, avec l’utilisation d’une base militaire au nord de la ville et d’un centre de traitement fédéral pour une mission de 45 jours. Déjà, la perspective glace l’ambiance des célébrations de la fête de l’indépendance mexicaine, si centrales dans la vie culturelle locale.

Les autorités religieuses tentent d’organiser la riposte civile, rappelant aux habitants leurs droits face aux agents fédéraux. « Nous ne demandons pas des militaires, nous demandons des ressources », insiste le pasteur Hatch, soulignant que la pauvreté et le manque d’investissements pèsent davantage sur la sécurité des quartiers que la présence policière. Mais dans cette atmosphère de tension, beaucoup redoutent un climat de peur qui videra les églises et les rues des quartiers immigrés. « Il semble que tout peut arriver à tout moment », résume le révérend Paco Amador, du quartier de Little Village.

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