Le chef de l’un des principaux groupes armés ethniques de Birmanie a dénoncé l’indifférence de la communauté internationale face à l’intensification des frappes aériennes de la junte militaire contre des civils. Dans un entretien exclusif accordé à Reuters, le général Yawd Serk, dirigeant du Restoration Council of Shan State, affirme que ces attaques meurtrières se multiplient sans provoquer de réaction à la hauteur des enjeux humanitaires.
S’exprimant depuis son camp de base dans l’État Shan, Yawd Serk a estimé que « les civils souffrent » et que le monde détourne le regard alors que l’armée birmane renforce ses campagnes de bombardements. Selon lui, plus de mille sites civils auraient été touchés par des frappes aériennes au cours des quinze derniers mois, dans un contexte de guerre civile qui s’aggrave depuis le coup d’État militaire de 2021.
Le chef rebelle a également souligné que Chine apparaît comme la seule grande puissance réellement impliquée sur le terrain, principalement pour stabiliser ses projets économiques et sécuritaires dans la région. Il estime toutefois que cette implication reste limitée et ne suffit pas à mettre fin aux violences ni à protéger les populations civiles.
Alors que la junte a récemment organisé des élections controversées visant à consolider son pouvoir, Yawd Serk a appelé les différentes factions armées ethniques à renforcer la confiance mutuelle et à privilégier le dialogue afin de parvenir à une issue politique au conflit. Il a averti que l’absence d’une pression internationale coordonnée risquait de prolonger une guerre déjà dévastatrice pour la population birmane.
La Birmanie reste plongée dans une instabilité profonde, marquée par des combats entre l’armée et une mosaïque de groupes armés ethniques et pro-démocratie. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les frappes aériennes contre des zones habitées, tandis que les appels à une action internationale plus ferme peinent jusqu’ici à se traduire en mesures concrètes.