Bangladesh - Tarique Rahman, de l’exil londonien aux portes du pouvoir (AP)
Bangladesh - Tarique Rahman, de l’exil londonien aux portes du pouvoir (AP)

De retour au Bangladesh après près de vingt ans d’exil volontaire à Londres, Tarique Rahman apparaît aujourd’hui comme le grand favori des élections législatives prévues le 14 février. Le président du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) pourrait ainsi accéder au poste de Premier ministre, renouant avec un héritage politique familial qui a longtemps marqué le pays.

Fils de l’ancienne Première ministre Khaleda Zia et du président assassiné Ziaur Rahman, Tarique Rahman a longtemps été une figure controversée de la scène politique bangladaise. Contraint à l’exil en 2008, poursuivi dans plusieurs affaires judiciaires qu’il a toujours dénoncées comme politiquement motivées, il est resté pendant des années à distance du pouvoir tout en conservant une influence décisive sur le BNP.

Depuis son retour fin 2025, Rahman a adopté un style plus sobre et mesuré. Loin des discours offensifs du passé, il met en avant un message d’unité nationale et affirme ne pas chercher la revanche politique. « Le pays a besoin de stabilité et de réconciliation, pas de règlements de comptes », a-t-il répété lors de récents meetings électoraux.

La campagne du BNP s’appuie sur un fort mécontentement populaire face à la situation économique et au coût de la vie, mais aussi sur la fatigue d’une partie de l’électorat vis-à-vis du pouvoir en place. Les rassemblements organisés ces dernières semaines ont attiré des foules importantes, signe d’une mobilisation retrouvée du parti d’opposition.

Si sa victoire se confirme, Tarique Rahman devra toutefois faire face à de nombreux défis : restaurer la confiance dans les institutions, apaiser les tensions politiques et relancer une économie fragilisée. Son retour au sommet de l’État marquerait en tout cas un tournant majeur pour le Bangladesh, après près de deux décennies d’absence de l’un de ses acteurs politiques les plus influents.

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