Les dirigeants de l’Union européenne sont confrontés à une décision cruciale sur l’utilisation des avoirs russes gelés afin de soutenir financièrement l’Ukraine, alors que Kiev risque de manquer de liquidités dès l’an prochain sans aide supplémentaire. Le débat s’est intensifié à l’approche d’un sommet européen, dans un contexte de pressions politiques, juridiques et budgétaires croissantes.
Selon des responsables européens, l’enjeu est double : garantir la continuité du soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe, tout en répondant aux accusations du président américain Donald Trump sur la prétendue faiblesse de l’Europe. Plusieurs capitales souhaitent démontrer leur détermination en mettant en place un mécanisme de financement crédible et durable pour Kiev.
Au cœur des discussions figure l’utilisation des quelque 250 milliards d’euros d’avoirs souverains russes gelés au sein de l’UE. Une option privilégiée consisterait à employer les revenus générés par ces fonds pour garantir des prêts à l’Ukraine. Mais cette solution se heurte à de fortes réticences, notamment en raison des risques juridiques qu’elle pourrait entraîner.
La Belgique, où sont conservés une grande partie de ces actifs via le dépositaire financier Euroclear, réclame des garanties illimitées contre d’éventuelles poursuites judiciaires de la Russie. Bruxelles craint que Moscou ne lance des actions en justice susceptibles d’exposer l’État belge à des coûts financiers considérables.
Les discussions sont également compliquées par la situation budgétaire tendue dans plusieurs États membres et par l’opposition de la Hongrie, qui menace d’utiliser son droit de veto contre certaines formes d’aide à l’Ukraine. Cette résistance souligne les divisions persistantes au sein de l’UE sur la stratégie à adopter face à Moscou.
Alors que la guerre se poursuit et que les besoins de Kiev augmentent, les dirigeants européens savent que l’inaction pourrait avoir des conséquences majeures, tant pour l’Ukraine que pour la crédibilité géopolitique de l’Union. La décision à venir sur les avoirs russes gelés pourrait ainsi marquer un tournant dans l’engagement européen et redéfinir les limites de son action face à la Russie.