Arrestation choc au Mexique: un haut officier impliqué dans un vaste trafic de carburant. (AP Photo/Fernando Llano)
Arrestation choc au Mexique: un haut officier impliqué dans un vaste trafic de carburant. (AP Photo/Fernando Llano)

Les autorités mexicaines ont annoncé l’arrestation d’un officier supérieur de la marine, apparenté à l’ancien chef de l’institution, ainsi que de treize autres personnes liées à un important réseau de vol de carburant. Cette opération intervient alors que le procureur général Alejandro Gertz Manero promet encore de nouvelles arrestations, y compris parmi des responsables politiques, dans un scandale qui éclabousse les plus hautes sphères de l’État.

Un trafic qui met en lumière la corruption

Le vol de carburant, ou huachicol, mine l’économie mexicaine depuis des années. Selon Pemex, la compagnie pétrolière publique, ce fléau aurait coûté 3,8 milliards de dollars en cinq ans. L’essence est soit détournée directement des oléoducs, soit achetée à bas prix aux États-Unis avant d’être introduite clandestinement au Mexique sans taxes. Les critiques estiment que ces réseaux ne peuvent prospérer sans complicités politiques et militaires, une idée renforcée par la récente vague d’arrestations.

Cette démonstration de fermeté intervient quelques jours après la visite à Mexico du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a insisté sur la nécessité de réprimer ces trafics transfrontaliers alimentant les cartels. Pour certains analystes, la réaction du gouvernement mexicain traduit moins une volonté nationale qu’une réponse à la pression de Washington.

Le secrétaire à la Sécurité, Omar García Harfuch, a cherché à relativiser, affirmant qu’il s’agissait de cas isolés au sein de la marine et non d’une corruption généralisée. Mais pour les experts, cette affaire confirme au contraire la profondeur de l’enracinement du huachicol et la collusion entre monde politique, forces de l’ordre et crime organisé.

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