Le Kremlin a affirmé jeudi que la Russie continuerait d’adopter une approche « responsable » en matière de stabilité nucléaire stratégique, malgré l’expiration du traité New START, dernier accord de contrôle des armements nucléaires liant Moscou et Washington.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que le traité New START arrivait à échéance à la fin de la journée de jeudi. Cet accord, signé en 2010, plafonnait le nombre de missiles, de lanceurs et d’ogives nucléaires stratégiques que pouvaient déployer la Russie et les États-Unis.
Selon le Kremlin, l’expiration du traité ne signifie pas un abandon des principes de retenue stratégique. Moscou affirme rester attachée à la prévisibilité et à la stabilité dans le domaine nucléaire, tout en accusant Washington d’avoir contribué à l’érosion du cadre de contrôle des armements.
New START constituait le dernier pilier majeur de l’architecture de désarmement nucléaire héritée de la guerre froide. Sa disparition suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale, qui redoute une nouvelle course aux armements entre les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales.
Les relations entre Moscou et Washington sont profondément détériorées, notamment en raison de la guerre en Ukraine, et aucune négociation formelle n’a été engagée pour remplacer l’accord. Le Kremlin a néanmoins répété qu’il restait ouvert au dialogue, à condition que celui-ci repose sur un respect mutuel des intérêts de sécurité.
En l’absence de cadre juridiquement contraignant, les experts estiment que la transparence et les mécanismes de vérification entre les deux pays pourraient se réduire, augmentant les risques de malentendus stratégiques. Moscou assure toutefois qu’elle continuera à agir de manière responsable sur la scène nucléaire.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs dirigeants internationaux et organisations, dont l’ONU, ont qualifié l’expiration de New START de moment critique pour la sécurité mondiale. La fin de l’accord marque une période d’incertitude accrue, où les engagements politiques non contraignants deviennent les seuls garde-fous face à l’escalade nucléaire.