La Turquie compte insister sur la nécessité de relancer sans délai les négociations avec l’Union européenne afin de moderniser leur union douanière, à l’occasion de la visite en Turquie du commissaire européen à l’élargissement, a indiqué jeudi une source du ministère turc des Affaires étrangères.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan entend mettre en avant l’urgence d’actualiser l’accord de 1995, jugé inadapté aux réalités économiques actuelles. Ankara estime que cette modernisation est essentielle pour dynamiser les échanges commerciaux, attirer les investissements et approfondir les relations économiques avec le bloc européen.
Au-delà du commerce, la Turquie souhaite également discuter d’une refonte de la coopération avec l’UE sur la question migratoire. Selon la même source, Hakan Fidan abordera la nécessité d’un cadre plus équilibré et plus efficace, alors que la Turquie demeure un pays clé de transit et d’accueil pour les migrants à destination de l’Europe.
Ankara s’attend par ailleurs à une application concrète des règles assouplies de l’UE en matière de visas pour les ressortissants turcs. Les autorités turques estiment que des progrès tangibles sur ce dossier sont indispensables pour restaurer la confiance et donner un signal politique positif dans une relation souvent marquée par les blocages.
Les discussions interviennent dans un contexte de relations complexes entre la Turquie et l’UE, entre coopération pragmatique et divergences persistantes sur l’État de droit, les droits humains et la politique étrangère. Malgré ces tensions, les deux parties continuent de souligner l’importance stratégique de leur partenariat.
Pour Ankara, la modernisation de l’union douanière constituerait un levier majeur pour relancer des relations enlisées depuis plusieurs années. Du côté européen, la visite du commissaire est perçue comme une occasion d’évaluer la marge de manœuvre politique et économique pour relancer un dialogue structuré avec un partenaire à la fois indispensable et controversé.