La capitale angolaise Luanda a été le théâtre de violentes manifestations lundi, alors que la population protestait contre une forte augmentation des prix du carburant. Selon les médias locaux, ces rassemblements ont dégénéré en affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, provoquant la mort d’au moins trois personnes, dont un policier, et entraînant de nombreuses arrestations.
La colère populaire s’est enflammée après que le gouvernement a relevé le prix du diesel d’un tiers ce mois-ci. Cette décision s’inscrit dans un plan plus vaste de réduction des subventions énergétiques, jugées trop onéreuses par les autorités, dans un effort pour redresser les finances publiques. L’Angola, pourtant l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique, fait face à une situation économique fragile, aggravée par les fluctuations des cours mondiaux du brut.
La grogne sociale s’est rapidement étendue, notamment chez les associations de chauffeurs de minibus, un secteur vital pour le transport urbain. Ces derniers ont augmenté leurs tarifs jusqu’à 50 % et lancé une grève de trois jours à compter de lundi, paralysant une partie du trafic dans la capitale. Cette initiative a été suivie par de nombreux usagers excédés par la hausse du coût de la vie.
Le quotidien angolais Novo Jornal rapporte que les protestations ont été marquées par des scènes de pillage, de barricades dans les rues et de heurts violents avec la police. Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, mais les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent une forte présence policière dans plusieurs quartiers de Luanda.
Ce nouvel épisode de tension sociale ravive le spectre de la contestation populaire en Angola, où les politiques d’austérité et la gestion des ressources nationales sont souvent critiquées. Le gouvernement n’a pour l’instant pas réagi publiquement aux violences, mais une intervention du président João Lourenço est attendue dans les prochains jours. Les observateurs craignent que le climat ne se détériore davantage si aucune réponse n’est apportée aux revendications de la rue.