Sous les néons d’un club sportif couvert de Karachi, des jeunes d’une vingtaine d’années circulent entre terrains illuminés et cabine de DJ, dansant un café ou un thé glacé à la main. Pas d’alcool, pas de drogue, et une musique qui s’arrête à 22 heures précises : dans la métropole pakistanaise, une nouvelle scène festive émerge, portée par la génération Z.
Ces « raves sans alcool » se multiplient dans des clubs de sport, des cafés ou des galeries d’art. Les organisateurs présentent ces événements comme une alternative ouverte et plus sûre aux fêtes clandestines, longtemps associées à la consommation illégale d’alcool et de stupéfiants, et exposées aux risques d’intervention des autorités.
Au Pakistan, où l’alcool est interdit aux musulmans — qui constituent l’écrasante majorité de la population — cette tendance trouve un écho particulier. Selon un sociologue cité par Reuters, les jeunes Pakistanais « redéfinissent » leur vie sociale en l’adaptant aux normes islamiques, tout en s’inscrivant dans un mouvement mondial vers des modes de vie jugés plus sains.
Les organisateurs soulignent également le succès croissant des événements réservés aux femmes. Ces rencontres offrent un espace perçu comme plus sécurisé et inclusif, dans un contexte où les sorties nocturnes mixtes peuvent être socialement sensibles.
En tournant le dos à une culture festive souvent marginale et risquée, une partie de la jeunesse urbaine de Karachi semble ainsi chercher un équilibre entre divertissement, respect des règles sociales et affirmation d’une identité générationnelle propre.