L’Université de La Réunion tente de séduire les futurs médecins en psychiatrie avec la « Nuits de la psychiatrie »
L’Université de La Réunion tente de séduire les futurs médecins en psychiatrie avec la « Nuits de la psychiatrie »

Pour lutter contre la désaffection persistante des étudiants en médecine pour la psychiatrie, l’Université de La Réunion, à Saint-Pierre, à participé vendredi dernier aux « Nuits de la psychiatrie », un événement national organisé simultanément dans 24 facultés françaises. Au programme : speed dating entre étudiants et psychiatres, échanges informels, parfois conférences ou projections, le tout dans une ambiance revendiquée comme « conviviale et gourmande ».

L’objectif est clair : casser les clichés qui collent à la discipline et créer une rencontre directe avec des praticiens et internes, afin de susciter des vocations. Les organisateurs (Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP), syndicat étudiant Anemf et association des étudiants en psychiatrie ) parlent d’une « étincelle » à faire naître chez les futurs médecins.

Une spécialité en manque de bras malgré les besoins


Derrière ce format volontairement attractif, la situation est jugée alarmante : en 2025, sur 554 postes ouverts en psychiatrie au concours de fin de sixième année, seuls 468 ont été pourvus, laissant 15% des postes vacants. Une amélioration est notée (la spécialité a gagné une place dans le classement des choix) mais insuffisante au regard des besoins

Selon une étude CSA réalisée en 2024, la psychiatrie continue de « faire peur » : 37% des étudiants déclarent être effrayés par cette spécialité, un chiffre qui tombe à 24% chez ceux ayant déjà effectué un stage. Les promoteurs de l’opération misent donc sur l’expérience concrète et la proximité avec les professionnels pour renverser cette perception.

Cette campagne, lancée en 2024 sous le slogan « Choisir psychiatrie », s’inspire aussi d’exemples étrangers : au Royaume-Uni, un plan d’ampleur comparable, soutenu par les pouvoirs publics, a mis plusieurs années à produire des effets. En France, la profession veut accélérer, en commençant par reconquérir les amphithéâtres.

Partager