Antidépresseurs : une première étude classe les médicaments selon leurs effets secondaires
Antidépresseurs : une première étude classe les médicaments selon leurs effets secondaires

Le dioxyde de titane (TiO2), longtemps classé parmi les substances suspectées de cancérogénicité, vient de remporter un double sursis en Europe. D’abord, le 1er août, la Cour de justice de l’Union européenne a annulé sa classification comme « cancérogène suspecté par inhalation », vidant de leur portée plusieurs mesures de protection et d’étiquetage. Puis, quelques jours plus tard, la Commission européenne s’est dite favorable au maintien du E171, sa forme nanoparticulaire, dans les préparations pharmaceutiques. Présent dans près de 91 000 médicaments et cosmétiques, le TiO2 est jugé impossible à remplacer par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Selon l’institution, son interdiction risquerait d’entraîner des pénuries massives. L’EMA admet que le risque cancérogène ne peut être totalement écarté, mais le qualifie de « négligeable », compte tenu des doses utilisées et de la qualité pharmaceutique des produits.

Des associations dénoncent une évaluation biaisée

L’association Avicenn, qui surveille l’usage des nanomatériaux, dénonce une « légèreté » du processus. Elle accuse l’EMA de reprendre les arguments de l’industrie pharmaceutique, notamment un rapport de 569 pages produit par ses fédérations. Les ONG rappellent que certains patients, particulièrement fragiles, peuvent ingérer des quantités bien supérieures à la moyenne. Côté justice, la décision de la Cour européenne choque également les défenseurs de la santé publique. Pour Natacha Cingotti, de Foodwatch, ce revirement affaiblit la réglementation et « met la santé publique en danger ». Elle estime que cette jurisprudence pourrait ouvrir la voie à d’autres contestations judiciaires d’expertises scientifiques jugées contraignantes par les industriels. En pratique, l’interdiction du TiO2 dans l’alimentation, actée depuis 2022 après une expertise de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sur ses effets génotoxiques, reste en vigueur. Mais dans les médicaments, le dioxyde de titane devrait continuer d’être utilisé, au grand soulagement des industriels… et à la consternation des associations.

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