Les fonds de pension australiens commencent à revoir leur exposition au dollar américain et aux actions américaines
Les fonds de pension australiens commencent à revoir leur exposition au dollar américain et aux actions américaines

SINGAPOUR / SYDNEY — Les fonds de pension australiens, qui gèrent quelque 4 200 milliards de dollars australiens (environ 2 700 milliards de dollars américains), remettent progressivement en question leur dépendance historique aux actifs libellés en dollars américains, alors que les incertitudes économiques aux États-Unis se multiplient et que le dollar australien montre des signes de renforcement.

Depuis le début de l’année, la hausse de la devise australienne — d’environ 3 % face au billet vert — a grignoté les rendements des actions américaines pour les investisseurs australiens. Combinée aux tensions commerciales sino-américaines et aux politiques tarifaires fluctuantes de l’administration Trump, cette volatilité incite plusieurs grands fonds à réévaluer leurs stratégies de couverture et d’allocation.

Bien qu’aucune réorientation massive n’ait encore été observée, les bureaux de trading notent un léger ajustement des couvertures en devises, certains fonds préférant maintenir une exposition longue au dollar australien. « Les fonds évaluent leur positionnement en fonction des coûts de couverture et du niveau absolu du dollar australien », explique Troy Fraser, responsable des ventes de devises chez Citi.

Avec plus de la moitié de leurs portefeuilles actions placée à l’étranger — dont environ 555 milliards de dollars australiens investis sur les marchés américains selon Westpac — les fonds australiens sont particulièrement sensibles aux fluctuations de change. « Être sous-pondéré sur le dollar australien a longtemps été bénéfique, mais un changement de tendance pourrait tout bouleverser », avertit Cameron Systermans, de Mercer.

Certains acteurs comme UniSuper ont déjà admis réfléchir à une réduction progressive de leur exposition américaine. « Nous avons probablement atteint un pic d’exposition », a déclaré son directeur des investissements. D’autres, comme Aware Super ou AustralianSuper, préfèrent rester prudents et ne modifient pas pour l’instant leurs stratégies.

Mais si le dollar australien poursuit sa progression, la situation pourrait devenir intenable pour les fonds non couverts, forçant à des ajustements plus marqués. Cette évolution souligne l’impact croissant des politiques monétaires et commerciales mondiales sur les stratégies de placement à long terme des investisseurs institutionnels.

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