INTERVIEW EXCLUSIVE - Brad Pitt, à l'affiche du film F1: "Si on faisait la course en vrai, Lewis Hamilton me mettrait un tour d’avance avant même que j'arrive au bout de la première ligne droite!"
INTERVIEW EXCLUSIVE – Brad Pitt, à l’affiche du film F1: « Si on faisait la course en vrai, Lewis Hamilton me mettrait un tour d’avance avant même que j’arrive au bout de la première ligne droite! »

Ce mercredi en France, le film événement F1 sort dans toutes les salles. Au casting : Brad Pitt, Damson Idris, Javier Bardem ou encore Tobias Menzies. Le film raconte l’histoire de Sonny Hayes (Brad Pitt), le pilote le plus prometteur de Formule 1 jusqu’à ce qu’un terrible accident ne mette un stop prématuré à sa carrière. Trente ans plus tard, le propriétaire d’une écurie de F1 en difficulté convainc Sonny de revenir à la compétition et de devenir le meilleur pilote au monde. À cette occasion, nous avons interviewé Brad Pitt, qui prépare ce film depuis plus de trois ans, aidé notamment par le septuple champion du monde de F1 Lewis Hamilton. Présent à New York au Radio City Hall pour l’avant-première mondiale du film, la superstar hollywoodienne nous a accordé une interview tout sourire, visiblement joyeux comme enfant d’avoir pu piloter une Formule 1. Top départ!

Entrevue: Bonjour Brad. Vous jouez dans le blockbuster de l’été !
Brad Pitt: On verra bien. Mais je suis vraiment content d’être là. C’est génial de pouvoir enfin partager ce film. On a mis trois ans à le faire. On a passé un an et demi à suivre la saison de Formule 1, à s’immerger dans le monde de la F1. Le milieu de la Formule 1 a été incroyable avec nous. On n’aurait jamais pu faire ce film sans eux : sans chaque pilote, chaque directeur d’écurie, chaque équipe. Ils font partie intégrante de ce projet, donc c’est un plaisir immense de pouvoir enfin montrer le film.

Votre personnage fait un comeback. C’était important pour vous d’avoir un rôle avec un tel parcours ?
C’était le seul moyen logique de justifier ma présence dans le sport à mon âge ! Alors on a trouvé la meilleure excuse possible, à savoir le come-back !

Quelles ont été vos impressions à bord d’une F1 ? J’imagine que vous deviez avoir chaud avec combinaison ?
Les vrais pilotes perdent près de 5 kg par course. Nous, on ne subissait pas les mêmes G, donc on ne va pas se plaindre…

Vous avez vraiment piloté des bolides pour le réalisme du film. Ce n’est pas suicidaire ?  
Non, c’est plutôt l’inverse. Il y a un sentiment de calme et de paix dans ces voitures quand tu es au top, que tu fais tout parfaitement. C’est un sentiment sublime, que je n’ai jamais trouvé ailleurs.

Votre personnage a un rituel porte-bonheur, il met une carte dans sa poche. Dans la vraie vie, vous aussi ?
Oui ! Je plains les pauvres gars sur le tournage qui ont dû subir ça ! (Rires) , je les obligeais à commencer par la mettre la chaussure gauche, puis le gant gauche, puis la ceinture à gauche. S’ils se trompaient, on recommençait tout. (Rires)

Donc vous êtes superstitieux ?
Oui, le TOC à son meilleur niveau ! (Rires)

En tournant ce film, aviez-vous l’impression de revivre votre première fois au volant ?
Oui, le comportement des F1 est incroyable. C’est choquant à quel point ces voitures adhèrent dans les virages à haute vitesse. Et comme elles freinent vite. J’étais en admiration totale.

Comment avez-vous géré les forces G ?
Il faut juste essayer de garder la tête haute. Et encore, on ne faisait pas tout ce que font les vrais pilotes.

Vous avez fait des cascades et des braquages durant votre carrière. Comment ce film se situe-t-il sur l’échelle d’adrénaline ?
Il y a beaucoup d’adrénaline, c’est vrai, mais aussi un calme étrange dans la voiture. C’est assez incroyable. Il faut être hyper concentré, mais quand tout fonctionne, c’est d’un calme presque surnaturel. C’est magnifique.

Vous avez parcouru le monde pour ce film. Vous avez un endroit préféré ?
Damson Idris ( l’acteur qui joue son rival dans le film, Ndlr. ) et moi, on a conduit 10 000 km sur ces voitures. On a eu la chance de conduire sur les plus beaux circuits : Silverstone, Spa en Belgique, totalement incroyable, la Hongrie, Abu Dhabi… C’était partout une expérience inoubliable.

« Au volant, dans la vraie vie, je suis le gars à qui tu fais un doigt d’honneur ! »

Ça vous a rendu meilleur conducteur au quotidien ?
Je suis horrible dans les embouteillages. Au volant, dans la vraie vie, je suis le gars à qui tu fais un doigt d’honneur ! (Rires)

Qu’est-ce qui est plus dur : se garer à Times Square ou participer à un Grand Prix ?
Probablement se garer à Times Square ! (Rires)

Travailler avec les pilotes de F1, dont Lewis Hamilton, c’était comment ?
Vous vous rendez rends compte ? Ils nous ont laissé entrer dans le monde de la F1 ! C’est dingue. Pas juste pendant les week-ends de course, mais vraiment dans leur monde. C’était un privilège incroyable.

La compétition et les tensions entre pilotes reflètent-elles la réalité ?
Oui, et Lewis nous a aidés à rester fidèles à la réalité.

Damson vous traite de «vieux» dans le film. Vous l’avez pris comment ? Ce n’est pas trop déplaisant ?
Ah non, c’est open bar !  Aucune règle. On enlève les gants, que le meilleur gagne ! (Rires)

Comment c’était de travailler avec lui ?
Il est génial dans ce film. Il comprend tout, toujours dans le bon ton. Un vrai partenaire de jeu.

Qui était le plus rapide au volant, vous ou Damson Idris ?
Sérieusement ? C’est une vraie question ? Vous avez un doute à ce sujet ? (Rires)

Vous lui avez donné des conseils ?
Je crois à l’idée de sortir de sa zone de confort. Ça fait peur, mais c’est là qu’on grandit. C’est ce que j’ai dit à Damson.

Lewis Hamilton a dit qu’il vous observait quand vous êtes entré pour la première fois dans la F1. Pas trop intimidant ?
Non, car je n’ai su qu’après coup que Lewis Hamilton me surveillait ! (Rires)

Il vous a donné des conseils de pilotage ?
Il m’a surtout dit de me sentir à l’aise. Il a énormément contribué au film, à l’histoire, au montage. Il nous a permis de rester sur les bons rails.

Quel est votre souvenir préféré du tournage ?
Sans hésiter, me replonger dans le Raidillon de l’Eau Rouge sur le circuit de Spa-Francorchamps. C’est le bonheur total…

On a vu beaucoup de photos de vous avec votre compagne, Ines de Ramon. Vous l’avez convertie à la F1 ?
Elle est européenne, donc elle avait déjà le goût de la F1 avant de me connaître ! (Rires)

Pensez-vous que ce film va donner un second souffle à la Formule 1 et amener de nouveaux spectateurs ?
La F1 a déjà une belle vie, surtout en Europe. Mais oui, ça va vraiment aider à son développement aux États-Unis.

Les pilotes présents à la première ont adoré le film. Ça a été un soulagement pour vous ?
Énormément !  On aime tellement ce sport et ces gars. Ils sont déjà très exposés. On voulait leur rendre hommage avec ce film, donc c’était important qu’ils l’apprécient. Ils nous ont ouvert toutes les portes de la F1. Sans eux, on n’aurait rien pu faire.

Vous pensez pouvoir battre Lewis Hamilton en course ?
Aucune chance. Si on faisait la course en vrai, Lewis Hamilton me mettrait un tour d’avance avant même que j’arrive au bout de la première ligne droite ! (Rires)

Vous vous rappelez de votre première voiture ?
C’était une Buick Centurion. Elle fumait à l’intérieur et à l’extérieur. Un cauchemar ! (Rires)

« Je suis arrivé avec 300 dollars en poche à Los Angeles, j’ai dû accepter n’importe quoi pour survivre. »

Ça vous arrive de regarder en arrière ?
Tout le temps ! Chaque homme a un ou deux moments déterminants dans sa vie, avec un choix qui change tout. Venir à Los Angeles, c’était couper avec tout ce que je connaissais. D’un coup, j’ai eu l’impression de regarder ma vie depuis des hauteurs.

Pourquoi avez-vous choisi le métier d’acteur ?
Pour bien gagner ma vie. Quand mon père m’a dit qu’il comptait sur moi pour reprendre sa compagnie de camions, c’est ce qui m’a conduit à devenir acteur. Je suis arrivé avec 300 dollars en poche à Los Angeles, j’ai dû accepter n’importe quoi pour survivre, comme me déguiser en gros poulet jaune vif pour racoler la clientèle d’un resto… Maintenant que je suis à l’abri, l’argent ne rentre pas en compte quand je choisis un film.

La célébrité n’est pas toujours un cadeau, surtout quand on est une superstar comme vous. Qu’est-ce que vous regrettez le plus dans le fait d’être connu ?
Ne pas pouvoir prendre un sandwich ou une bière au bar sans me conduire comme un criminel évadé, à cause des gens. Mais vous savez, mon père a bossé pendant 36 ans comme patron d’une compagnie de transport routier. Lui, il a travaillé dur. J’ai le sentiment que ma vie est une partie gratuite.

Pour terminer, tout le monde parle du film Formule 1 depuis des années. Vous pensez qu’il va être un succès ?
J’adore ce film. Je pense qu’il fonctionne à plein de niveaux. J’aime les films de sport, les films de course et je pense que oui, ça va être un succès !

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