Rolland Courbis, figure incontournable du football français, nous a quittés ce lundi à 72 ans. Ancien joueur professionnel, il s’est surtout fait connaître comme entraîneur. Il a dirigé de nombreux clubs, dont Montpellier, l’Olympique de Marseille, Lens, Rennes, Bordeaux ou encore Ajaccio. Personnage haut en couleur, il était réputé pour son franc-parler, son sens de la formule et son charisme. Après sa carrière sur les bancs de touche, « coach Courbis »est devenu consultant média, notamment à RMC, où il a fait le bonheur des auditeurs et supporters de toutes les équipes. Nous avions rencontré Rolland Courbis en en 1998, alors qu’il était entraîneur de l’OM. En souvenir de cette personnalité hors normes, Entrevue publie de nouveau cette interview culte…
Entrevue : Question palmarès, certains disent que tu n’as jamais rien gagné dans le foot…
Rolland Courbis : Ce compliment vient de Michel Denisot. Si je regarde son bilan, je ne comprends rien : il a viré Artur Jorge, le seul entraîneur qui l’a fait champion de France. Même avec une boussole, t’arrives pas à le suivre ! Paris Saint-Germain ? Ça fait bander qui ce nom-là ? Par contre, si tu dis l’OM avec l’accent… Même les journalistes ont trouvé une orthographe : « l’Ohème » ! C’est ça la popularité.
Tu fais tout. Tu es même impresario de joueurs…
On n’empêchera pas les joueurs de me téléphoner s’ils en ont envie ! Maintenant, c’est vrai que certains entraîneurs ont dans leur contrat un pourcentage sur les transferts des joueurs.
Toi le premier, non ?
Jamais ! Écris bien : JAMAIS ! Je n’ai jamais touché un de pourcentage en tant qu’entraîneur. Malheureusement ! Le jour où tu fais signer Ba à Bordeaux pour 1 million de francs et que tu le revends 45 millions au Milan AC, il y a un sacré bénéfice, non ? Je vais finir par regretter de ne pas avoir moi aussi dans mon contrat un pourcentage sur la vente des joueurs !
Ton système défensif ne fait pas rêver les foules…
OK. Sur le plan émotionnel, j’ai plus mal au cul sur mon banc quand l’OM prend un but que je ne bande quand l’OM en marque un. Mais quand l’OM marque, je bande aussi, hein ! Pour l’instant, dans ma vie, on m’a traité de tout, de trafiquant, de séropositif, mais jamais d’impuissant !
Tapie a toujours affirmé que tu lui avais tout appris du foot…
J’ai juste fait partie de ceux que Tapie voulait rencontrer quand il s’est mis au foot.
Tu n’aurais pas pu entraîner l’OM à son époque ?
Tu ne peux pas faire marcher le club avec deux entraîneurs ( Tapie et lui, Ndlr. ). Deux trucs comme nous ensemble, ça explose, non ? Encore que…
Le fait d’avoir partagé ta vie avec la Comtesse Rizzoli a fait des jaloux…
C’est vrai que dans les années 1980, j’ai fait une énorme connerie : j’aurais plutôt dû rencontrer une clocharde, moche, pauvre et en mauvaise santé. Si c’était à refaire, j’irais draguer sous les ponts !
Aucun joueur de l’OM ne se dope ?
Je garantis qu’aucun joueur de l’OM ne peut être soupçonné de dopage. Sur la tête de ma mère ! Je préfère perdre que de bousiller la santé d’un joueur.
Tu as payé cher pour avoir fait en sorte, à Toulouse, de payer moins d’URSSAF…
J’ai fait trois mois et demi de prison et payé 500 000 francs d’amende ( 100 000 euros environ, Ndlr. ). On ne peut plus me dire que je suis un voyou. J’ai réglé et ça m’emmerde d’en reparler. Ça fait aussi 15 ans que je traîne un redressement fiscal que je conteste toujours. Bien sûr que je ne fais pas pitié. Mais de grâce, que l’on ne me mette pas une étiquette de jobastre !