Les combats entre la Thaïlande et le Cambodge se sont poursuivis pour la troisième journée consécutive mercredi, malgré les appels internationaux à la retenue et l’aggravation de la situation humanitaire dans les zones frontalières. Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il passerait un coup de fil pour tenter de mettre fin au conflit, rappelant qu’il avait déjà négocié un cessez-le-feu en juillet après cinq jours de violents affrontements entre les deux pays.
Les hostilités, qui se déroulent le long d’une zone frontalière contestée, ont déjà causé d’importants dégâts matériels et entraîné la fuite de milliers d’habitants. À Sa Kaeo, côté thaïlandais, des civils ont montré à Reuters l’ampleur des destructions : maisons éventrées, murs fissurés, fenêtres brisées. Beaucoup affirment vivre dans la peur permanente de nouvelles frappes.
Mardi, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères a estimé dans une interview qu’il n’existait « aucune possibilité de négociations » dans l’immédiat. Selon lui, les conditions ne sont pas réunies pour une médiation, d’autant que la situation militaire reste extrêmement tendue. Cette position tranche avec celle du Cambodge : un conseiller de haut rang du Premier ministre Hun Manet a déclaré à Reuters que Phnom Penh était « prêt à discuter à tout moment ».
La proposition de Donald Trump intervient donc dans un contexte diplomatique incertain, alors que l’accord qu’il avait contribué à établir en juillet semble désormais fragilisé. Les deux pays continuent de s’accuser mutuellement d’avoir déclenché les nouvelles violences, tandis que les efforts pour restaurer le dialogue restent au point mort. L’appel annoncé par Trump pourrait ouvrir une brèche diplomatique, mais rien ne garantit pour l’instant que Bangkok et Phnom Penh accepteront de revenir à la table des négociations.