L’Iran a annoncé samedi son intention de bloquer un projet de corridor stratégique dans le Caucase, élément central d’un accord régional négocié par le président américain Donald Trump entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Cette déclaration, relayée par les médias iraniens, jette une ombre sur un plan présenté vendredi comme une avancée diplomatique majeure dans une région longtemps marquée par les tensions.
Le “corridor Trump”, dont les détails n’ont pas été intégralement rendus publics, viserait à relier directement l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan en traversant une portion du territoire arménien. Il s’inscrit dans un processus de paix plus large entre Erevan et Bakou, après des décennies de conflit autour du Haut-Karabakh et de ses environs.
Un haut diplomate azerbaïdjanais a toutefois souligné samedi que ce projet n’était qu’une étape dans les négociations et que l’accord final entre les deux pays n’avait pas encore été conclu. Selon lui, le principal obstacle restant est la nécessité pour l’Arménie de modifier sa constitution, une réforme que le Premier ministre Nikol Pashinyan a déjà soumise à un vote national.
L’Iran, qui partage une frontière avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, n’a pas précisé comment il entendrait concrètement s’opposer au corridor, mais Téhéran s’est toujours montré hostile à toute réorganisation des routes commerciales et d’influence dans le Caucase qui pourrait réduire son rôle stratégique. Les analystes restent prudents, relevant qu’il est difficile de savoir si la menace iranienne relève de la rhétorique politique ou d’une réelle capacité d’action.
Le plan américain, signé vendredi à Washington lors d’une cérémonie en présence de Trump, du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan, avait été présenté comme un “tournant historique” par ses promoteurs. Mais les réactions de l’Iran montrent que les enjeux géopolitiques régionaux restent vifs, et que tout accord pourrait se heurter à des résistances extérieures avant de produire ses effets sur le terrain.