Alors que les tensions restent vives autour de son programme nucléaire, l’Iran a réaffirmé samedi sa volonté de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tout en prévenant que les conditions d’inspection seraient désormais encadrées de manière plus stricte. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, s’adressant aux diplomates étrangers réunis à Téhéran, a insisté sur les préoccupations de sécurité entourant l’accès à certains sites, récemment touchés par des frappes militaires.
Selon Araqchi, une nouvelle législation votée par le Parlement iranien exige que toute inspection menée par l’AIEA soit désormais approuvée au préalable par le Conseil suprême de sécurité nationale, l’instance la plus élevée en matière de défense dans le pays. Cette décision fait suite aux bombardements israéliens et américains du mois dernier contre des installations nucléaires, accusées par les puissances occidentales de contribuer à un programme d’armement nucléaire. Téhéran, de son côté, maintient que son programme est entièrement pacifique.
Le chef de la diplomatie iranienne a justifié cette approche plus restrictive par le danger que représenteraient les sites ciblés. « Le risque de dispersion de matières radioactives et d’explosion de munitions non explosées est réel », a-t-il déclaré, soulignant que la sécurité des inspecteurs eux-mêmes pourrait être en jeu. Il a précisé que les demandes de l’AIEA seraient examinées « au cas par cas » par le Conseil de sécurité nationale.
Tout en laissant la porte ouverte à de futures discussions, Araqchi a réaffirmé les lignes rouges de Téhéran : aucun accord ne sera accepté s’il interdit à l’Iran d’enrichir de l’uranium. De plus, les négociations éventuelles devront se concentrer uniquement sur le nucléaire, sans inclure les capacités de défense iraniennes, telles que les missiles balistiques.
Cette position intervient alors que l’agence de presse Axios a rapporté, citant des sources anonymes, que le président russe Vladimir Poutine aurait exprimé un soutien à un accord interdisant à l’Iran l’enrichissement d’uranium. Une information rapidement démentie par une source iranienne citée par l’agence semi-officielle Tasnim.
Dans un entretien accordé à l’agence IRNA, Araqchi a également évoqué la perspective de discussions avec les États-Unis, indiquant que Téhéran étudiait « avec soin » les conditions d’une éventuelle reprise des négociations. Il a exigé des garanties solides de la part de Washington, notamment l’assurance qu’aucune action militaire ne serait entreprise à l’avenir.
Enfin, le ministre iranien a mis en garde les puissances européennes – la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – contre toute tentative d’utiliser le mécanisme dit de « snapback » pour réimposer des sanctions internationales avant le 18 octobre, date clé du calendrier fixé par la résolution de l’ONU ratifiant l’accord nucléaire de 2015. Une telle initiative, a-t-il prévenu, « mettrait fin au rôle de l’Europe » dans le dossier nucléaire iranien.