Le gouvernement britannique a annoncé que les discussions visant à permettre au Royaume-Uni de rejoindre le fonds européen de défense SAFE n’avaient pas abouti, malgré plusieurs mois de pourparlers présentés comme une étape clé du rapprochement post-Brexit. Cet échec intervient alors que Londres et Bruxelles tentaient de relancer une coopération stratégique jugée essentielle pour la sécurité du continent.
Le Premier ministre Keir Starmer avait présenté, en mai, une « nouvelle ère » des relations euro-britanniques, avec un accord-cadre censé approfondir la collaboration en matière de défense et ouvrir la voie à l’adhésion britannique au fonds SAFE. Doté de 150 milliards d’euros, ce mécanisme vise à accélérer le réarmement européen et à coordonner les investissements militaires face à une situation géopolitique de plus en plus instable.
Les modalités de participation du Royaume-Uni à ce dispositif se sont toutefois révélées trop complexes à concilier avec le statut d’État tiers, selon des responsables familiers du dossier. L’accès aux financements, la gouvernance du fonds et le niveau d’influence accordé aux partenaires non membres auraient constitué les principaux points d’achoppement, sans qu’un compromis n’ait pu être trouvé.
Cet échec représente un revers notable pour la stratégie britannique de renforcement des liens sécuritaires avec l’Union européenne. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Starmer cherche à renouer une coopération structurée avec Bruxelles face aux défis posés par la Russie, la montée des tensions au Moyen-Orient et la nécessité de moderniser les capacités industrielles de défense.
Du côté européen, plusieurs diplomates ont exprimé leur regret mais souligné que les portes restaient ouvertes à d’autres formes de coopération. Londres explore désormais des alternatives bilatérales et multilatérales avec certains États membres, tout en affirmant rester déterminé à contribuer à la sécurité collective du continent.