Le Portugal amorce une réflexion sur la reconnaissance de l'État palestinien
Le Portugal amorce une réflexion sur la reconnaissance de l'État palestinien

Le gouvernement portugais a annoncé jeudi son intention d’engager des consultations avec les principaux partis politiques et le président Marcelo Rebelo de Sousa afin d’évaluer une éventuelle reconnaissance de l’État palestinien. Cette décision marque un pas prudent dans une direction qui divise les États occidentaux, alors que le conflit à Gaza continue de susciter une mobilisation internationale.

Le Premier ministre portugais, Luis Montenegro, dirigeant un gouvernement de centre-droit, a souligné que Lisbonne souhaitait inscrire toute décision dans un cadre européen commun. Contrairement à l’Espagne voisine, qui a reconnu un État palestinien en mai 2024 aux côtés de l’Irlande et de la Norvège, le Portugal adopte une ligne plus mesurée, préférant « promouvoir une position partagée avec ses partenaires de l’Union européenne ».

Cette annonce intervient dans un contexte de pressions croissantes exercées sur Israël par plusieurs puissances occidentales. La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a ouvertement évoqué une possible reconnaissance française de l’État palestinien, ce qui ferait de la France le premier grand pays occidental à franchir ce cap. La Grande-Bretagne et le Canada ont eux aussi déclaré qu’ils pourraient reconnaître cet État lors de la prochaine réunion de l’Assemblée générale de l’ONU si les combats à Gaza ne cessaient pas.

La situation humanitaire dramatique dans la bande de Gaza, où les frappes israéliennes continuent et où la famine s’installe, a contribué à raviver le débat international sur la solution à deux États. Le gouvernement portugais, tout en appelant au respect du droit international, souhaite que toute reconnaissance éventuelle soit construite sur une démarche diplomatique large et coordonnée.

« Le gouvernement a décidé de promouvoir des consultations avec le président et les partis politiques représentés au parlement en vue d’envisager la reconnaissance de l’État palestinien », a déclaré Luis Montenegro, précisant que le processus serait mené dans un esprit de responsabilité et d’engagement pour la paix.

Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été avancé, mais cette prise de position aligne le Portugal sur un mouvement croissant au sein de l’Union européenne, où la reconnaissance de l’État palestinien, longtemps jugée prématurée, devient un outil diplomatique face à une crise qui ne cesse de s’enliser.

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