Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rend en Algérie ce lundi pour une visite diplomatique de deux jourssensible, dans un contexte de relations franco-algériennes particulièrement dégradées depuis plus de deux ans. Ce déplacement, annoncé de longue date, vise à renouer un dialogue sécuritaire entre Paris et Alger après une succession de crises diplomatiques ayant gelé les échanges bilatéraux.
Au programme des discussions avec son homologue Saïd Sayoud figurent plusieurs dossiers brûlants : la question des OQTF et des réadmissions de ressortissants algériens en situation irrégulière, la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, ainsi que la coopération en matière de renseignement. Paris espère notamment obtenir des avancées concrètes sur le retour de certains ressortissants et la relance des mécanismes de coopération sécuritaire.
Le cas du journaliste sportif français Christophe Gleizes, arrêté en Algérie en mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », devrait également être abordé. Ce dossier symbolise les tensions persistantes entre les deux pays, même si certains signes récents, comme des échanges diplomatiques renouvelés, laissent entrevoir une possible désescalade.
Cette visite intervient après une période de fortes crispations, aggravées notamment par la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, sujet extrêmement sensible pour Alger. Les relations bilatérales avaient aussi été fragilisées par plusieurs affaires judiciaires et expulsions de diplomates, alimentant un climat de méfiance durable.
Premier déplacement d’un ministre français de l’Intérieur en Algérie depuis 2022, ce voyage est présenté comme une tentative de réengagement pragmatique. L’objectif affiché par Paris est clair : maintenir un canal de discussion sur les sujets de sécurité et éviter que la relation franco-algérienne, jugée stratégique des deux côtés, ne continue à se détériorer.