David Grossman qualifie la guerre à Gaza de génocide et alerte sur une dérive morale
David Grossman qualifie la guerre à Gaza de génocide et alerte sur une dérive morale

L’écrivain israélien David Grossman s’est exprimé avec une rare gravité dans La Repubblica, dénonçant la conduite militaire de son pays à Gaza comme relevant du « génocide ». Une prise de position douloureuse pour ce fervent défenseur de la paix, qui dit ne plus pouvoir éviter un mot qu’il a longtemps refusé d’employer.

Une déclaration bouleversante sur la situation à Gaza

Dans une interview publiée le 1er août dans le quotidien italien La Repubblica, l’auteur israélien David Grossman confie avoir le « cœur brisé » en constatant l’ampleur des souffrances dans la bande de Gaza. Après avoir longtemps refusé d’utiliser le terme, il dit aujourd’hui ne plus pouvoir taire ce qu’il observe : « Génocide », lâche-t-il. Ce mot, qu’il décrit comme une « avalanche », semble pour lui inévitable au vu des images, témoignages et chiffres qu’il a découverts. « Je veux parler comme quelqu’un qui a tout fait pour ne pas en arriver là », confie-t-il, en soulignant l’impact moral d’associer aujourd’hui les mots « Israël » et « famine », au regard de l’histoire juive et de la responsabilité humaniste que le pays revendique.

Grossman accuse l’occupation des territoires palestiniens depuis 1967 d’avoir plongé Israël dans une logique de domination et de déshumanisation. « Nous sommes devenus très puissants, et cela nous a corrompus », déclare-t-il. Pour lui, la guerre actuelle n’est pas seulement militaire, elle est aussi un naufrage éthique.

Un soutien à la reconnaissance de l’État palestinien

Tout en s’opposant frontalement à la politique de son gouvernement, David Grossman affirme rester fidèle à la solution de deux États. Il salue à ce titre la volonté d’Emmanuel Macron d’officialiser en septembre la reconnaissance d’un État palestinien, qu’il considère comme une « bonne idée » face à l’absence d’alternative viable. L’écrivain précise néanmoins que cette reconnaissance devra être assortie de conditions claires, comme l’interdiction des armes et la garantie d’élections démocratiques.

Récompensé par le prix Israël de littérature en 2018, Grossman figure parmi les intellectuels israéliens les plus respectés à l’international. Ses propos interviennent dans un contexte de polarisation extrême en Israël, alors que les opérations militaires dans la bande de Gaza continuent de susciter un intense débat sur leur légitimité et leurs conséquences humanitaires.

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