Des crimes de guerre ont « probablement » été commis en Syrie lors des violences sectaires survenues en mars sur les zones côtières, selon un rapport publié jeudi par la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie. Les enquêteurs pointent la responsabilité à la fois des forces du gouvernement intérimaire et de combattants restés fidèles aux anciens dirigeants syriens, accusés d’avoir pris part à certains des massacres les plus meurtriers des 13 années de conflit.
Le rapport estime qu’environ 1 400 personnes, principalement des civils, ont été tuées lors de ces affrontements, qui ciblaient en grande majorité des membres de la communauté alaouite. Les enquêteurs affirment que des exécutions sommaires, des tortures et des traitements inhumains infligés aux dépouilles ont été documentés, sur la base de plus de 200 entretiens avec des témoins et des survivants, ainsi que de visites sur trois sites de fosses communes.
« L’ampleur et la brutalité des violences documentées dans notre rapport sont profondément troublantes », a déclaré Paulo Sérgio Pinheiro, président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne. Selon lui, ces événements constituent l’un des épisodes les plus sanglants depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad.
Le rapport souligne également que certaines violations, notamment les enlèvements et détentions arbitraires, se poursuivent encore aujourd’hui dans ces régions. L’ONU exhorte les autorités syriennes à identifier et poursuivre les responsables, afin que justice soit rendue aux victimes et que cesse l’impunité qui alimente le cycle de violence.
Pour la commission, la gravité des faits impose une mobilisation internationale afin de soutenir les mécanismes de reddition de comptes et de protéger les populations civiles, toujours vulnérables aux violences dans un pays ravagé par plus d’une décennie de guerre.