Soudan : des attaques de drones plongent l'État de Khartoum dans le noir, deux ans après le début de la guerre
Soudan : des attaques de drones plongent l'État de Khartoum dans le noir, deux ans après le début de la guerre

KHARTOUM — De nouvelles attaques de drones ont provoqué une panne d’électricité généralisée dans l’État de Khartoum, a annoncé jeudi la Compagnie d’électricité soudanaise, alors que le conflit entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) entre dans sa troisième année.

Ces frappes nocturnes ont ciblé des infrastructures critiques contrôlées par l’armée, marquant un changement de stratégie des RSF, qui ont été repoussées de nombreuses zones du centre du pays ces derniers mois. Ne pouvant plus mener d’offensives terrestres efficaces, elles concentrent désormais leurs efforts sur des attaques à longue portée contre des centrales électriques, des barrages et d’autres installations vitales.

La compagnie électrique a indiqué que ses équipes tentaient d’éteindre plusieurs incendies et d’évaluer les dégâts pour rétablir le courant. Ces frappes s’ajoutent à une série d’attaques ayant visé récemment Port-Soudan, devenue la capitale administrative de l’armée en temps de guerre, entraînant des coupures prolongées d’électricité et d’eau dans une grande partie du pays.

Les conséquences pour la population sont dramatiques : la destruction des réseaux d’eau accroît les risques de propagation du choléra et d’autres maladies, alors que la guerre a déjà plongé la moitié de la population dans la faim aiguë, selon les Nations Unies.

Pendant ce temps, les combats terrestres se poursuivent dans le sud d’Omdurman, dans l’agglomération de Khartoum, où l’armée tente d’éradiquer les dernières poches de résistance des RSF. À l’ouest, dans l’État du Kordofan occidental, des affrontements sur la ligne de front la plus active du conflit ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de civils.

L’armée tente également de sécuriser les zones pétrolifères et de briser le siège de la ville d’al-Fashir, dernier bastion stratégique de l’armée dans la région du Darfour, largement contrôlée par les RSF.

Le conflit, né d’un désaccord sur la transition vers un régime civil en avril 2023, a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 13 millions de personnes et provoqué un effondrement généralisé des services publics. Malgré les variations du rapport de force, aucun des deux camps ne semble proche d’une victoire décisive.

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