L’Iran riposte à l’Union Européenne en qualifiant les armées européennes de terroristes
L’Iran riposte à l’Union Européenne en qualifiant les armées européennes de terroristes

Dans une montée des tensions diplomatiques, l’Iran a déclaré que les forces armées des pays européens seraient désormais considérées comme des « groupes terroristes ». Cette décision fait suite à l’inscription du Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a présenté cette mesure comme une réponse directe aux actions de Bruxelles et a insisté sur son caractère légal en vertu de la loi iranienne sur les contre‑mesures.

Une riposte légale à une décision européenne

Selon Mohammad Bagher Ghalibaf, la qualification des armées européennes comme « groupes terroristes » s’appuie sur l’application de l’article 7 d’une loi iranienne adoptée en 2019, initialement en réaction aux sanctions américaines. Cette législation permet à Téhéran de désigner réciproquement comme terroristes les puissances qui classent le Corps des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste. Le dirigeant iranien a souligné que cette décision répondait à l’inscription récente de l’IRGC sur la liste terroriste de l’UE.

Un contexte de répression et de manifestations

L’inscription de l’IRGC sur la liste des organisations terroristes arrive après une vague de manifestations meurtrières en Iran, réprimées violemment par les autorités. Cette décision européenne, bien que symbolique, suit l’exemple des États-Unis, du Canada et de l’Australie, qui avaient déjà qualifié le Corps des Gardiens de la révolution de terroriste entre 2019 et 2025. Elle reflète les préoccupations occidentales concernant le rôle de l’IRGC dans la répression des mouvements populaires à l’intérieur du pays.

Lors de l’annonce officielle, des images diffusées par la télévision d’État ont montré Mohammad Bagher Ghalibaf et plusieurs députés portant des uniformes des Gardiens de la révolution, signe de solidarité et de défiance envers l’Occident. Les parlementaires ont scandé des slogans hostiles à l’Amérique, à Israël et à l’Europe, coïncidant avec le 47e anniversaire du retour d’exil de l’imam Khomeini, fondateur de la République islamique.

Des conséquences encore incertaines

L’impact immédiat de cette mesure demeure incertain. Observateurs et diplomates considèrent cette annonce davantage comme un geste symbolique que comme une décision ayant des implications militaires ou juridiques concrètes. Elle s’inscrit dans une logique de représailles, reflétant la tension entre Téhéran et les puissances occidentales sans provoquer pour l’instant de rupture majeure.

Les Gardiens de la révolution, force militaire et économique

Le Corps des Gardiens de la révolution, créé en 1979 après la Révolution islamique, dépasse son rôle strictement militaire. Il contrôle de larges pans de l’économie iranienne et représente l’armée idéologique du pouvoir, répondant directement au guide suprême. Sa désignation comme organisation terroriste par plusieurs pays occidentaux souligne l’inquiétude internationale concernant son influence, tant sur le plan intérieur qu’international.

Une rhétorique virulente mais diplomatiquement contenue

Malgré des propos très hostiles envers l’Occident, l’Iran n’a pas engagé d’actions militaires ou diplomatiques supplémentaires à ce stade. Aucun mouvement concret, comme l’expulsion de diplomates ou la rupture des relations militaires, n’a été signalé. La déclaration reste avant tout un message politique, reflétant l’état de tension élevé et le bras de fer avec l’Union européenne et ses alliés.

Partager