Le président libanais Joseph Aoun, en uniforme militaire, affiche une position ferme contre le Hezbollah
Le président libanais Joseph Aoun, en uniforme militaire, affiche une position ferme contre le Hezbollah

Le président libanais Joseph Aoun a surpris l’opinion publique en apparaissant dans un uniforme militaire, une image forte associée à sa décision politique la plus marquante depuis son entrée en fonction : déclarer le mouvement Hezbollah hors‑la‑loi sur le plan militaire et assumer une confrontation ouverte avec cette organisation qui a longtemps opéré en dehors du cadre étatique.

Cette posture symbolique traduit une montée en puissance de la détermination de l’exécutif libanais à réaffirmer l’autorité de Joseph Aoun sur toutes les questions de sécurité et de défense nationale. Dans un discours officiel prononcé après l’adoption d’une résolution gouvernementale, le président a insisté sur le fait que la décision interdisant toute activité militaire ou sécuritaire non autorisée par l’État est « souveraine et définitive, sans retour en arrière ».

Cette déclaration fait suite au vote du gouvernement libanais ordonnant l’arrêt des activités militaires du Hezbollah en dehors du contrôle de l’État, faisant de l’organisation une entité « illégale […] du point de vue constitutionnel », selon certains ministres et parlementaires.

Le Hezbollah, un ennemi à combattre

Les tensions régionales ne cessent de monter entre le Hezbollah et Israël. Elles ont entraîné des frappes aériennes et des tirs de roquettes dans plusieurs zones du sud du Liban et autour de Beyrouth. Ces événements ont provoqué des victimes civiles et des dégâts matériels significatifs, accentuant la pression sur le gouvernement libanais pour réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité.

Le gouvernement libanais a assumé une position claire : toute décision de paix ou de guerre doit appartenir exclusivement à l’État libanais, comme l’a expliqué le Premier ministre Nawaf Salam lors d’une session du cabinet. Cette interdiction des opérations armées du Hezbollah s’accompagne d’appels pour que le bras militaire du mouvement remette ses armes à l’armée nationale et se limite à des activités purement politiques.

Un tournant symbolique

L’apparition en uniforme de Joseph Aoun, combinée à sa prise de position ferme, marque un tournant dans la manière dont l’État libanais entend gérer l’autorité et la sécurité intérieure. Cette démarche conforte une série d’efforts entrepris depuis son élection pour que l’État détienne « le monopole des armes », un objectif que le président avait exprimé publiquement dès 2025 en soulignant l’importance du rôle de l’armée libanaise dans la souveraineté nationale.

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