La Géorgie déjoue une vente d’uranium susceptible d’entrer dans la fabrication d’une bombe
La Géorgie déjoue une vente d’uranium susceptible d’entrer dans la fabrication d’une bombe

Les autorités géorgiennes ont annoncé jeudi l’arrestation de deux personnes soupçonnées d’avoir tenté de vendre de l’uranium pour un montant de 3 millions de dollars, une substance radioactive potentiellement utilisable dans la fabrication d’une bombe nucléaire. Le Service de sécurité nationale a qualifié l’opération d’« action préventive » contre un crime transnational aux conséquences potentiellement catastrophiques.

Les deux suspects, un ressortissant géorgien et un ressortissant turc, ont été arrêtés dans la ville portuaire de Batoumi, sur les rives de la mer Noire. Selon le procureur général, ils sont poursuivis pour acquisition, possession et transfert illégaux de substances radioactives, des accusations passibles de dix ans de prison en Géorgie. Le citoyen géorgien aurait acquis illégalement l’uranium et tenté de le vendre à son complice turc.

Une vidéo diffusée par les services de sécurité montre des agents en train d’inspecter un véhicule avec un détecteur de rayonnement, ainsi que deux fioles, dont l’une contenait une poudre blanche suspecte. Les autorités n’ont pas révélé l’origine de l’uranium, ni sa destination potentielle, laissant en suspens plusieurs interrogations sur les circuits de cette tentative de trafic nucléaire.

Interrogé par Reuters, le Service de sécurité de l’État a refusé de préciser le niveau d’enrichissement de l’uranium saisi. Il est donc impossible à ce stade de confirmer s’il s’agissait d’uranium 235, isotope fissile pouvant être utilisé dans les armes nucléaires, ou d’uranium 238 ou 234, qui ne le sont pas. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas encore commenté l’affaire.

Depuis la chute de l’Union soviétique en 1991, la Géorgie a connu plusieurs incidents liés au commerce illicite de matières nucléaires. En 2019, deux personnes avaient été arrêtées pour une tentative de vente de près de 3 millions de dollars d’uranium 238. Trois ans plus tôt, les autorités avaient démantelé deux réseaux impliquant douze personnes, accusées d’avoir tenté de vendre pour plus de 200 millions de dollars d’uranium 235 et 238.

Cette nouvelle arrestation met en lumière la persistance des risques de prolifération nucléaire dans la région du Caucase, où des réseaux criminels continuent d’exploiter les failles de sécurité post-soviétiques.

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