La tension ne cesse de monter entre la Thaïlande et le Cambodge, où de nouveaux affrontements ont été signalés vendredi matin le long de la frontière commune. Selon l’armée thaïlandaise, les forces cambodgiennes ont engagé un bombardement soutenu, recourant à des armes lourdes, de l’artillerie de campagne et des lance-roquettes multiples de type BM-21 Grad. Il s’agit du deuxième jour consécutif de combats dans la région, après une escalade brutale survenue jeudi ayant déjà causé plusieurs morts civils.
Les combats se concentrent autour de zones frontalières sensibles, notamment dans la province cambodgienne d’Oddar Meanchey, à proximité du temple contesté de Ta Moan Thom, un site historique revendiqué par les deux pays. Des images diffusées vendredi montrent des militaires cambodgiens positionnés autour de lance-roquettes, soulignant l’intensité croissante des opérations.
Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le gouvernement cambodgien sur ces derniers affrontements, mais Phnom Penh avait déjà, la veille, condamné fermement ce qu’elle qualifie « d’agression militaire injustifiée » de la Thaïlande, accusant Bangkok d’avoir utilisé la force de manière disproportionnée.
La Thaïlande, de son côté, affirme avoir uniquement réagi à des provocations cambodgiennes et affirme que ses troupes cherchent à contenir l’escalade tout en protégeant sa souveraineté territoriale. Le ministère thaïlandais de la Défense n’a pas fait état de nouvelles victimes ce vendredi, mais des pertes civiles et militaires avaient été confirmées la veille.
Ces hostilités surviennent dans un contexte de détérioration des relations bilatérales, alimentée par des différends persistants liés à la démarcation des frontières et à des incidents récents impliquant des mines terrestres. Le gouvernement thaïlandais a par ailleurs ordonné la fermeture temporaire de certains points de passage frontaliers.
La communauté internationale, notamment l’ASEAN, n’a pas encore réagi officiellement à cette nouvelle flambée de violence, bien que des appels à la retenue se multiplient en coulisses. Des diplomates régionaux redoutent une spirale incontrôlable dans une région où les précédents conflits territoriaux ont déjà conduit par le passé à des bilans humains lourds.