En Équateur, la répression contre les gangs fragmente le crime organisé et alimente la violence (AP)
En Équateur, la répression contre les gangs fragmente le crime organisé et alimente la violence (AP)

L’offensive sans précédent lancée par le gouvernement équatorien contre les groupes criminels a profondément bouleversé le paysage du crime organisé dans le pays. Si cette répression a permis l’arrestation de centaines de membres de gangs, elle a aussi provoqué une fragmentation violente des réseaux existants, entraînant une hausse spectaculaire des homicides, en hausse de plus de 36 % depuis le début de l’année, selon les données officielles.

Depuis la fuite puis la capture du chef de gang notoire José Adolfo Macías, alias “Fito”, les autorités ont multiplié les opérations militaires dans les prisons et les zones portuaires stratégiques. Ces actions, menées sous l’état d’urgence décrété par le président Daniel Noboa, visent à affaiblir les cartels responsables de la contrebande de drogue à destination des États-Unis et de l’Europe.

Mais cette stratégie a eu des effets pervers. Privés de leurs chefs historiques, plusieurs groupes se sont divisés en factions rivales, se disputant le contrôle des routes de la cocaïne et des quartiers populaires. Cette recomposition du crime organisé a entraîné une multiplication des règlements de comptes et des exécutions publiques, notamment dans les provinces de Guayas, Manabí et Esmeraldas, où les violences ont atteint des niveaux record.

Les services de renseignement signalent également une diversification des activités criminelles, avec des gangs se tournant vers l’extorsion, le trafic d’armes et le recrutement de mineurs pour la vente de drogue dans les grandes villes. Cette tendance, selon les observateurs, traduit un effondrement des structures hiérarchiques traditionnelles et une plus grande brutalité dans les méthodes des nouveaux groupes.

Dans le même temps, les États-Unis ont renforcé leur coopération avec Quito. Washington a demandé et obtenu l’extradition de Fito, considéré comme l’un des criminels les plus influents du continent. Ce transfert, présenté comme une victoire diplomatique, symbolise la volonté du gouvernement équatorien de s’attaquer à la racine du narcotrafic, mais laisse planer l’incertitude sur la capacité du pays à stabiliser durablement un environnement criminel désormais éclaté et imprévisible.

Que retenir rapidement ?

L’offensive sans précédent lancée par le gouvernement équatorien contre les groupes criminels a profondément bouleversé le paysage du crime organisé dans l

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