Quelques jours après avoir quitté le gouvernement Lecornu, Bruno Retailleau est sorti du silence ce jeudi soir sur LCI. Le président des Républicains a livré une interview dense, mêlant introspection politique, critiques du pouvoir et perspectives pour 2027.
« LR n’était qu’une caution, j’ai refusé de servir de paillasson »
Interrogé par Darius Rochebin, Retailleau est revenu sur les raisons de sa démission : « Ce n’était pas un coup de sang. J’ai compris que Les Républicains ne seraient qu’une caution. On traitait les Français en paillasson. J’ai vu la main de l’Élysée planer sur Matignon, symbole d’un pouvoir déconnecté. » L’ancien ministre a également fustigé le retour de Bruno Le Maire, qu’il considère comme l’un des responsables du quoi qu’il en coûte.
Sur la situation interne de son parti, il a confirmé que les ministres LR intégrés au gouvernement avaient été suspendus : « Dans un gouvernement à la politique générale socialiste, on ne peut pas rester LR. Ils ne le sont plus depuis hier soir. » Quant à Rachida Dati, investie par le parti pour les municipales, « elle ne l’est plus non plus », tranche-t-il.
Concernant la présidentielle, Bruno Retailleau refuse pour l’instant de se positionner : « Se projeter sur 2027 serait obscène, la France souffre trop. Mon devoir est de reconstruire la droite avant tout. » Mais il promet déjà une réforme d’ampleur sur l’immigration : « Si je suis élu, je proposerai un référendum constitutionnel, avec 25 à 30 questions pour remettre à plat toute la politique migratoire. »
Enfin, il n’a pas épargné Emmanuel Macron : « Le président a une intelligence hors du commun… et un ego hors du commun. Le pouvoir n’est intéressant que s’il est au service d’un peuple, pas de soi-même. » Un message clair : Bruno Retailleau prépare déjà le terrain d’une droite “reconstruite et intransigeante”, bien décidée à reprendre la main sur le destin du pays.