Après son passage à Mayotte, Emmanuel Macron entame ce mardi 22 avril une visite officielle à La Réunion, confrontée à deux urgences majeures : l’épidémie de chikungunya et les lourds dégâts causés par le cyclone Garance. Le président doit s’entretenir avec les autorités sanitaires alors que l’île connaît une recrudescence alarmante de cas, avec six décès et près de 100 000 personnes infectées. Le Centre hospitalier universitaire, en tension permanente, a déclenché un plan blanc début avril et réclame des renforts médicaux. Une campagne de vaccination ciblant les plus de 65 ans a été lancée, mais les élus locaux redoutent un soutien insuffisant de l’État.
Le cyclone Garance, qui a frappé fin février, a causé pour 250 millions d’euros de dégâts, dévastant notamment le secteur agricole. La canne à sucre, pilier de l’économie locale, a été particulièrement touchée. La visite présidentielle sera marquée par des rencontres avec des exploitants, alors que l’île vise une autosuffisance alimentaire à 75 %. Ce thème sera central au sommet de la Commission de l’océan Indien prévu à Madagascar. Pour l’Élysée, cette tournée vise à souligner l’importance de la coopération régionale dans un contexte d’intensification des événements climatiques extrêmes.
Des élus partagés entre espoir et frustration
Si certains saluent la venue d’Emmanuel Macron, d’autres regrettent l’absence à l’agenda de dossiers majeurs comme le logement ou la vie chère. Le sénateur Stéphane Fouassin alerte sur le risque que les économies budgétaires du gouvernement pèsent sur les Outre-mer, et plusieurs maires appellent à rétablir les anciens contrats aidés PEC, essentiels à l’emploi local. La sénatrice Audrey Bélim, elle, pointe un affaiblissement généralisé du service public dans l’île, de l’éducation à la santé.
Ce déplacement express, bien que symboliquement fort, risque de laisser un goût d’inachevé pour certains acteurs locaux. Au-delà des annonces immédiates sur la santé ou l’agriculture, les élus attendent des engagements structurels et durables. Alors que La Réunion reste un territoire stratégiquement clé dans l’Indo-Pacifique, les réponses présidentielles seront scrutées à la loupe.