Mort d’un apprenti de 15 ans : l’accident de trop dans le BTP
Mort d’un apprenti de 15 ans : l’accident de trop dans le BTP

Il s’appelait Lorenzo Menardi. Il avait 15 ans, aimait le foot, était en apprentissage comme maçon, et il est mort écrasé par une pelleteuse. Sur un chantier de Saint-Martin-du-Var, dans l’arrière-pays niçois, la vie de cet adolescent s’est arrêtée net sous les roues d’un engin de chantier. Ce drame, survenu en pleine journée, en dit long sur un secteur miné par les accidents, où la mort rôde à chaque coin de béton. Ce week-end, ses amis lui ont rendu hommage au stade de Carros. Son visage est apparu à l’Allianz Riviera, salué par l’OGC Nice. Et pendant ce temps, une enquête pour homicide involontaire a été ouverte. Le conducteur de l’engin, jeune lui aussi, n’a toujours pas été entendu. En état de choc. L’entreprise qui employait Lorenzo appartenait à un cousin de son père. Le garçon était motivé, apprécié, volontaire. Et il n’avait que 15 ans.

Deux morts par jour : l’hécatombe silencieuse du travail

En France, le travail tue. En 2023, plus de 700 000 accidents du travail ont été recensés, dont 759 mortels. Le BTP décroche la palme sinistre : en moyenne, un mort par jour ouvré dans le secteur. Et combien d’adolescents, d’apprentis, de jeunes sans défense dans cette mécanique à haut risque ? Lorenzo n’est pas mort sur un grand chantier de prestige. Pas d’immense grue effondrée en centre-ville. Juste un gosse, happé par une machine, dans l’anonymat ordinaire du quotidien. Comme trop souvent, le chantier s’est tu, mais les chiffres, eux, hurlent. Deux morts par jour de travail. Et un silence assourdissant autour de ceux que l’on enterre sans tapage, parce qu’ils ne font pas la une, parce qu’ils étaient jeunes, invisibles, remplaçables. Pas cette fois. Lorenzo a désormais un nom, un visage, un deuil collectif. Reste à savoir si sa mort servira à autre chose qu’à remplir une case de plus dans les statistiques.

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