Depuis quelques jours, une vidéo virale circule sur les réseaux sociaux, affirmant que des arrêtés préfectoraux interdiraient la construction de châteaux de sable sur certaines plages françaises, sous peine d’une amende de 135 euros. L’annonce a provoqué l’indignation de nombreux internautes. Pourtant, cette information est entièrement fausse. À l’origine de cette rumeur, une vidéo publiée par le compte humoristique corse « l_ochju_corsu », spécialisé dans les détournements par intelligence artificielle. La vidéo évoque des interdictions motivées par la protection du littoral, la sécurité des baigneurs ou encore l’esthétique des plages. Aucun arrêté, aucune préfecture n’est cependant mentionnée, et la voix utilisée, robotisée, trahit la nature parodique du contenu. Malgré ces indices, de nombreux internautes ont pris cette fiction pour argent comptant, dénonçant une supposée dérive liberticide. La polémique a été si virale qu’elle a fini par mobiliser les médias et les spécialistes.
Un patrimoine de sable et d’enfance
Interrogé sur le sujet, Jean-Claude Daniel, président du futur Musée du sable aux Sables-d’Olonne, a rappelé que les châteaux de sable faisaient partie intégrante du patrimoine estival français. Il a réfuté tous les arguments avancés dans la vidéo : les risques de blessure sont anecdotiques, l’impact sur la biodiversité négligeable, et le paysage littoral déjà en constante évolution naturelle. Il a également insisté sur la valeur pédagogique de cette activité : construire un château de sable mobilise la logique, l’observation, la coopération et l’imagination. Aucune interdiction n’a été émise, ni au niveau local ni national. Au contraire, des concours et animations autour du sable sont organisés tout l’été, notamment aux Sables-d’Olonne où des défis ludiques attendent petits et grands. Ce canular, s’il a semé le doute, rappelle aussi à quel point une simple information, sortie de son contexte et habilement présentée, peut troubler l’opinion. Mais pour l’instant, les châteaux de sable ont encore de beaux jours devant eux.