Landes - le préfet brandit la menace du retrait de permis pour les accros du téléphone @Pexels
Landes - le préfet brandit la menace du retrait de permis pour les accros du téléphone @Pexels

Dans les Landes, la sécurité routière est devenue l’obsession des autorités. Gilles Clavreul, le préfet du département, a décidé de frapper fort face à une infraction aussi banale que meurtrière : le téléphone au volant. Chaque année, près d’un demi-million de conducteurs en France se font épingler pour avoir consulté ou tenu leur portable en conduisant. L’amende standard (135 euros et trois points en moins) semble désormais insuffisante aux yeux du représentant de l’État, convaincu qu’un choc psychologique est nécessaire pour faire évoluer les comportements. Depuis son compte X, il a annoncé une initiative inédite : à partir d’octobre, les Landes serviront de laboratoire pour une répression inédite de l’usage du portable au volant. Dans un département où les chiffres de l’accidentalité routière restent inquiétants, cette expérimentation vise à transformer un geste encore trop souvent banalisé en faute gravissime.

Une première phase éducative avant le couperet

Le plan se déploiera en deux étapes. Dans un premier temps, les forces de l’ordre adopteront une posture de prévention. Les automobilistes pris en flagrant délit ne seront pas immédiatement sanctionnés mais rappelés à la loi, invités à changer leurs habitudes pour « préserver la sécurité de tous » selon les mots du préfet. Une manière de donner une dernière chance aux conducteurs distraits avant la mise en place de sanctions autrement plus lourdes. Car dès novembre, si les statistiques ne montrent pas de progrès significatif, la mesure prendra un tour nettement plus coercitif. Les contrevenants s’exposeront à une suspension administrative de six mois de leur permis de conduire. Pas de demi-mesure : ce sera la mise à pied pure et simple de la route pour ceux qui ne parviennent pas à lâcher leur écran.

Un test qui pourrait faire école

Cette décision, relayée par Franceinfo, constituerait une première en France. En cas de succès, elle pourrait inspirer d’autres préfets et marquer un tournant dans la lutte contre l’insécurité routière. Les partisans de cette ligne dure estiment que seule une sanction exemplaire peut briser l’accoutumance au portable derrière le volant. Reste à voir si la menace d’un retrait sec de permis pendant un semestre dissuadera les automobilistes les plus accros. Dans les Landes, l’expérimentation devrait rapidement révéler si la pédagogie suffit ou si le couperet devra tomber pour rappeler que sur la route, un écran peut coûter une vie.

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