Île-Tudy : une amende avec sursis pour le pasteur après l’installation sauvage de 200 caravanes
Île-Tudy : une amende avec sursis pour le pasteur après l’installation sauvage de 200 caravanes

L’image a marqué les esprits dans le sud du Finistère. En l’espace de 24 heures, 200 caravanes de gens du voyage avaient envahi un site naturel protégé de l’Île-Tudy, au début de l’été 2024. Ce mercredi 2 juillet, le tribunal judiciaire de Quimper a condamné le pasteur-artisan de 47 ans, considéré comme le chef de cette mission évangéliste, à 2 150 euros d’amende avec sursis pour occupation illégale. Le 1er juillet 2024, un garde du littoral constate que le polder de la commune – classé en zone humide – a été transformé en campement improvisé : chapiteau central, électroménager branché illégalement sur le compteur du stade de foot voisin, machines à laver rejetant leurs eaux usées dans un petit cours d’eau. Face à l’installation non autorisée, le maire de l’Île-Tudy dépose plainte. Le pasteur, convoqué par les gendarmes, affirme avoir sollicité une autorisation restée sans réponse.

Un site protégé, des conditions contestées

À la barre, le prévenu nie avoir eu connaissance du caractère protégé du terrain et affirme que son groupe n’avait pas l’intention de quitter les lieux sans qu’une alternative soit proposée. Les gendarmes affirment qu’il aurait exigé un terrain de remplacement « près d’une plage », ce que le pasteur conteste, dénonçant une mauvaise interprétation de ses propos. Le groupe finit par quitter les lieux avant le 14 juillet, date qu’il avait initialement indiquée comme point de départ vers un autre rassemblement dans le nord du département. Selon la mairie et le conservatoire du littoral, le camp a laissé derrière lui des déchets sur le site, malgré son démantèlement anticipé. Lors de l’audience du 7 mai, le parquet avait requis 4 350 euros d’amende, dont 2 000 avec sursis. L’avocat du pasteur avait tenté de plaider la relaxe, avançant que « la protection des personnes prime sur celle de la nature » et que son client ne pouvait avoir connaissance de la législation environnementale. Le tribunal a tranché en retenant la culpabilité du pasteur, tout en réduisant la sanction à une amende entièrement assortie du sursis. Un verdict qui rappelle les tensions récurrentes entre les communes du littoral breton et les installations sauvages, souvent liées aux missions estivales de certaines communautés itinérantes.

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