Le ministère de l’Intérieur a publié ses chiffres annuels sur les morts violentes au sein du couple : en 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Ce chiffre, en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente, confirme la persistance d’un fléau qui frappe toutes les régions et tous les milieux sociaux. Au total, 138 décès liés à des violences conjugales ont été recensés, contre 119 en 2023, soit 19 victimes supplémentaires (+16 %). En moyenne, un décès conjugal survient tous les trois jours dans le pays. Les services de police et de gendarmerie ont également enregistré 403 tentatives d’homicide au sein du couple.
Des drames majoritairement commis au domicile
D’après le rapport, 90 % de ces féminicides et homicides conjugaux ont eu lieu au domicile du couple ou de l’auteur. Les armes blanches ont été utilisées dans 49 cas, les armes à feu dans 34. Dans près d’un tiers des situations, une dispute a précédé le passage à l’acte, tandis que 16 % des faits sont survenus dans un contexte de séparation mal acceptée. Le profil des auteurs reste stable : il s’agit le plus souvent d’hommes âgés de 20 à 49 ans, de nationalité française et sans activité professionnelle. Le ministère note cependant une hausse notable des auteurs âgés de plus de 70 ans par rapport à 2023.
Des signaux d’alerte souvent ignorés
Près de la moitié des victimes (47 %) avaient déjà signalé des violences antérieures aux forces de l’ordre, et parmi elles, 81 % avaient déposé plainte. Ces chiffres illustrent les failles persistantes dans la prévention et la protection des femmes en danger. Les associations de lutte contre les violences conjugales appellent à renforcer les moyens humains et matériels dédiés à l’accueil et à la prise en charge des victimes, rappelant que derrière chaque chiffre se cache une vie brisée, souvent annoncée par des signes d’alerte trop longtemps négligés. Pour les autorités, ce rapport annuel agit comme un rappel brutal : malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs d’urgence, les féminicides continuent de progresser en France, révélant l’urgence d’une action plus ferme, coordonnée et durable contre les violences faites aux femmes.